( 3 mars, 2014 )

Les Têtes Brûlées

…En 1987, ces jeunes musiciens intègrent la guitare électrique aux rythmes ancestraux du bikutsi. Ils sont surtout réputés pour leur côté excentrique et créatif, utilisant sur scènes des masques, des coiffures étranges alliant crânes rasés et touffes de poils colorées. Le groupe s’est formé autour de Théodore Epémé, guitariste, chanteur, compositeur, alias Zanzibar. Leur début national s’est fait par l’intermédiaire de la télévision camerounaise, qui faisait ses débuts à cette époque. En 1988, les Têtes Brûlées viennent à Paris pour effectuer une série de concerts. De cette tournée sortira un film : « Man No Run ».

Malheureusement pour le groupe, alors en plein succès, Zanzibar décède brutalement en 1989. Alors que le groupe connaît une ascension fulgurante en Europe, le guitariste Théodore Epeme, connu sous le nom de Zanzibar disparaît après l’enregistrement du premier opus.Le groupe continuera cependant d’exister avec la venue d’un nouveau membre, un claviériste : Ahanda.

Dès lors, la structure du groupe est instable. Mais le nom demeure, sous la houlette du trompettiste Jean-Marie Ahanda. Malgré l’instabilité des musiciens, il relève tous les défis sur les scènes de tous les continents. L’aventure du band dure le temps de trois albums jusqu’à sa disparition en 1997. L’ensemble a du mal à se renouveler et surtout à bâtir une équipe forte. Pendant 3 années, l’increvable bikutsiman Jean-Marie Ahanda va sillonner le sud du Cameroun, à la recherche de nouvelles sonorités et surtout de nouveaux talents, s’appuyant sur un autre guitariste réputé, Jacques Atini.

Le succès des Têtes Brûlées a inspiré de nombreux jeunes artistes camerounais. Ce groupe a permis l’explosion du bikutsi moderne.

( 3 mars, 2014 )

Dynatie le Tigre

Biyong Edimongo Cédric alias Dynastie le Tigre pourrait penser qu’il amorce à peine sa carrière, mais à voir son parcours tout converge au sujet d’un embouteillage de connaissances en matière de chant, et d’un savoir faire qu’il a bien voulu faire savoir, mettant en exergue un visage de jeune déterminé et charismatique sans pour autant éloigner de lui une dextérité et une spiritualité pointue. 24ème enfant d’une famille qui en compte 27 pour quatre femmes, le fils du regretté Edimongo Alfred et de Zam Eya’a Philomène nourrit une folle passion pour la musique depuis plus d’une quinzaine d’années. Tout petit, c’est la curiosité qui le pousse à suivre les pas de sa maman à la chorale du village. Sa technique de chant et son potentiel vocal laissait déjà ses aînés sans voix. Il aimait chanter, il adorait même le faire, au point où il ne loupait plus les occasions de faire don de sa voix lors des anniversaires ou encore baptêmes dans les environs. Le petit Cédric ne se contente plus des chorales et se lance alors dans les interprétations ; ses idoles sont à ce moment le très grand Eboa Lotin et Final D du Bantou Pô-si. Le temps passait, et le jeune se rend à l’évidence qu’une vraie carrière serait peut-être son destin… Son goût pour la compétition prend immédiatement le dessus et le désormais Dynastie se lance dans l’aventure : 4ème finaliste à Stars de 2main 2010, Prix Camtel au Karaoké 2011, 2ème finaliste au grand concours Coca-Cola Yaoundé 2011, Révélation du Comice Agropastoral d’Ebolowa, et Lauréat du Concours national de Mutziq 2012. Le garçon occupait même le carré des 5 sélectionnés au Cameroun pour la 2ème édition du grand Concours panafricain African Star mais ne sera malheureusement pas choisi pour représenter le pays à la compétition. Dynastie ne s’arrête pas là, il accompagne également les grands noms de la chanson tels Ange Ebogo, Sam Fan Thomas, Martin Pécheur, Willy de Paris ou encore Achallé avec qui il collabore toujours. Sa polyvalence l’emmène aussi à travailler avec d’autres aînés dans la mouvance hip hop notamment Tonton Boudor, Izmo le Rapologue et bien d’autres encore… Si Dynastie le Tigre caresse aussi bien les mélodies et joue avec les notes, c’est en partie dû à sa bonne connaissance d’instruments comme le piano (son instrument de prédilection), la guitare basse, mais aussi la batterie. En ce moment, son single TOTO Pi entre en phase promotionnelle, mais le garçon trouve encore le temps de s’impliquer dans d’autres projets comme me fameux Mutziq Stars, un projet qui regroupe les lauréats des dernières éditions autour d’une chanson. Aux côtés de Karyn Beyala, Stypak Samo, les jumeaux One Face, Fan J, Dynastie se sent en famille et prend un réel plaisir en y posant son empreinte vocal, tant il se est à l’aise sur tous les rythmes (Bikutsi, Makossa, Hip hop, Jazz, Afro etc.). Pour contacter ce jeune prodige de la chanson camerounaise, les numéros 99 13 89 86 et 93 50 73 86 sont dispo 24/24. Vous pouvez aussi le retrouver sur facebook sous le nom Cedric Biyong Edimongo ou tout simplement Fan Club Dynastie Le Tigre

( 3 mars, 2014 )

Dynatie le Tigre

Biyong Edimongo Cédric alias Dynastie le Tigre pourrait penser qu’il amorce à peine sa carrière, mais à voir son parcours tout converge au sujet d’un embouteillage de connaissances en matière de chant, et d’un savoir faire qu’il a bien voulu faire savoir, mettant en exergue un visage de jeune déterminé et charismatique sans pour autant éloigner de lui une dextérité et une spiritualité pointue. 24ème enfant d’une famille qui en compte 27 pour quatre femmes, le fils du regretté Edimongo Alfred et de Zam Eya’a Philomène nourrit une folle passion pour la musique depuis plus d’une quinzaine d’années. Tout petit, c’est la curiosité qui le pousse à suivre les pas de sa maman à la chorale du village. Sa technique de chant et son potentiel vocal laissait déjà ses aînés sans voix. Il aimait chanter, il adorait même le faire, au point où il ne loupait plus les occasions de faire don de sa voix lors des anniversaires ou encore baptêmes dans les environs. Le petit Cédric ne se contente plus des chorales et se lance alors dans les interprétations ; ses idoles sont à ce moment le très grand Eboa Lotin et Final D du Bantou Pô-si. Le temps passait, et le jeune se rend à l’évidence qu’une vraie carrière serait peut-être son destin… Son goût pour la compétition prend immédiatement le dessus et le désormais Dynastie se lance dans l’aventure : 4ème finaliste à Stars de 2main 2010, Prix Camtel au Karaoké 2011, 2ème finaliste au grand concours Coca-Cola Yaoundé 2011, Révélation du Comice Agropastoral d’Ebolowa, et Lauréat du Concours national de Mutziq 2012. Le garçon occupait même le carré des 5 sélectionnés au Cameroun pour la 2ème édition du grand Concours panafricain African Star mais ne sera malheureusement pas choisi pour représenter le pays à la compétition. Dynastie ne s’arrête pas là, il accompagne également les grands noms de la chanson tels Ange Ebogo, Sam Fan Thomas, Martin Pécheur, Willy de Paris ou encore Achallé avec qui il collabore toujours. Sa polyvalence l’emmène aussi à travailler avec d’autres aînés dans la mouvance hip hop notamment Tonton Boudor, Izmo le Rapologue et bien d’autres encore… Si Dynastie le Tigre caresse aussi bien les mélodies et joue avec les notes, c’est en partie dû à sa bonne connaissance d’instruments comme le piano (son instrument de prédilection), la guitare basse, mais aussi la batterie. En ce moment, son single TOTO Pi entre en phase promotionnelle, mais le garçon trouve encore le temps de s’impliquer dans d’autres projets comme me fameux Mutziq Stars, un projet qui regroupe les lauréats des dernières éditions autour d’une chanson. Aux côtés de Karyn Beyala, Stypak Samo, les jumeaux One Face, Fan J, Dynastie se sent en famille et prend un réel plaisir en y posant son empreinte vocal, tant il se est à l’aise sur tous les rythmes (Bikutsi, Makossa, Hip hop, Jazz, Afro etc.). Pour contacter ce jeune prodige de la chanson camerounaise, les numéros 99 13 89 86 et 93 50 73 86 sont dispo 24/24. Vous pouvez aussi le retrouver sur facebook sous le nom Cedric Biyong Edimongo ou tout simplement Fan Club Dynastie Le Tigre

( 14 juillet, 2011 )

Songs of Badissa

Erik Aliana & Korongo Jam

Avec Songs of Badissa, le chanteur camerounais Erik Aliana et son Korongo Jam, s’impose comme ambassadeur de la mémoire de son peuple O’Sananga : un héritage fragile, qu’il livre au monde, fort de son talent d’orchestrateur, et d’un regard résolument actuel.

Un chant qui emprunte toute les nuances et sillonne d’infinies vibrations, des voix entrecroisées en polyphonies de dentelle, des rythmes qui frottent allègrement leurs complexités, des instruments traditionnels aux sonorités boisées (balafon, percussions, guitares…), des flûtes, bruitages, chuintements, sifflements… : le foisonnant Songs of Badissa, dernier album d’Erik Aliana et son Korongo Jam, composé de douze titres originaux, sonne comme l’appel de la forêt équatoriale du Cameroun, d’où est originaire le chanteur, issu du peuple O’Sananga.

Entouré de quatre musiciens, l’artiste, déjà remarqué aux côtés de Chiwoniso, Manu Dibango ou Lokua Kanza, porte haut les couleurs de ces ancêtres et garantit la vivacité de leur mémoire sonore. Tissée de makossa (musique urbaine et cuivrée du Cameroun, popularisée par Dibango) et de bikutsi (musique traditionnelle féminine de l’ethnie Beti), inspirée tant par les cérémonies initiatiques, l’assiko (une danse de guérison) ou les sons pygmées, l’œuvre d’Aliana perpétue un héritage fragile.
Ce faisant, l’artiste dépoussière le legs, lorsqu’il mêle la tradition à une basse jazzy, des touches funk ou cha cha cha… Sur ce terreau solide, ces paroles traitent de sujets d’actualité brûlants, tels l’alcoolisme au Cameroun, le sida, le respect des femmes, ou encore le pillage féroce des ressources de l’Afrique par l’Occident. Ce que l’on saluera surtout dans ce disque solaire et subtil ? Son architecteur fine, et l’incontestable talent d’arrangeur d’Erik Aliana. Songs of Badissa s’écoute sans modération : une manne de surprises (rythmiques, mélodiques, harmoniques…) vous attend au détour de chaque piste !

source rfi

( 14 juillet, 2011 )

Macase

MACASE est un groupe de musique camerounais composé de 5 membres qui tend à promouvoir un style de musique teinté d’influences diverses: jazz, blues, roots…
Découvrez leur univers!!!
Ils rencontrent le chanteur et producteur Sam ¬Mbende, qui se laisse tenter par un projet d’album. Etam est enregistré en 1998 et sort en juin 1999. C’est un succès.

Le groupe commence à faire les premières parties d’artistes de passage à Yaoundé et monte progressivement en grade.

…En juin 2001, il rafle le prix RFI-Musiques du monde et n’arrête plus de voyager: un passage remarqué au Masa d’Abidjan, des salves d’applaudissement à la Fête des cultures, à Libreville, une ovation au Festival Jazz à Ouaga.

En 2002, c’est la consécration, à Paris, lors d’un concert mémorable au New Morning avec Manu Dibango, qui les embarque ensuite dans sa tournée au Canada.

En 2003 et 2004, c’est la folie, avec une tournée de près de cent cinquante dates à travers le monde. Les petits jeunes de Yaoundé goûtent aux ¬scènes de Belgique, de Suisse, d’Italie, -d’Afrique du Sud…

Le parcours de Macase n’a pas pour autant été sans accrocs. Le chanteur Paul Henri Okala quitte le groupe pour une carrière solo. Plus tard, c’est au tour du guitariste Blick Bassy, l’un des piliers de la bande. « Nous vivons ces départs comme la suite logique de leurs carrières, soupire Ruben Binam. C’est un processus d’épanouissement personnel. Nous n’y pouvons rien. »

En ce moment, le groupe est en ¬pleine promotion de son nouvel album, Fly Away, dont la sortie est prévue en janvier 2010. Pour se prémunir du piratage, ils ont choisi un label militant, Culture Mboa – « Avec eux, nous sommes sûrs que les disques ne seront pas illégalement dupliqués », explique Ruben Binam – et envisagent de placer Fly Away sur les plates-formes de téléchargement pour toucher la diaspora et les amateurs de bantou groove du monde entierAfficher la suite
Ils chantent notamment en bulu, en bassa, en ewondo, en eton, des langues nationales parlées du centre au sud du pays, et même en sango centrafricain.

Leur musique, ils la ¬puisent au fond du patrimoine bantou, avec une philosophie: le retour aux ¬sources et l’ouverture sur le monde.

Ils revendiquent des influences éclectiques, de Manu Dibango à Malavoi, en passant par Youssou N’Dour et Bob Marley & The Wailers.

Corry Denguemo (chant)
Ruben Binam (clavier),
Serge Maboma (bassiste),
Roger Minka (guitariste),
Roddy Ekoa (batteur)

Source Facebook

( 11 juillet, 2011 )

Ebanda Manfred

L’artiste aux chansons immortelles

Décédé le 3 septembre 2003, Ebanda Manfred sera mis en terre samedi 13 septembre à Bojongo (Douala). Arrivé sur la scène musicale avec Villavienne, le chanteur s’en va donc sans la compagne de ses jours de gloire. Si l’enveloppe charnelle de l’homme nous quitte, son esprit, lui, demeure. A travers ses chansons. Comme de son vivant, elles survolent le temps, allègrement. A la postérité, il lègue ses chansons, reprises plus d’une centaine de fois aux quatre coins du monde. De toutes, Amio est la plus vendue. Deux semaines avant son décès, Ebanda Manfred recevait de la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique), son relevé de compte pour le trimestre de juillet; Amio y générait le gros de ses droits.

Quoiqu’il n’ait pas sorti d’album depuis 14 ans, le chanteur n’avait pas dit son dernier mot. Un nouvel album, enregistré, est en chantier. Mais Ebanda Manfred ne le verra pas arriver sur le marché. Il aura tiré sa révérence avant.

“Amié”
La mélodie composée par Ebanda Manfred pour l’amour de sa jeunesse n’a pas arrêté de faire le tour du monde depuis 37 ans.

L’histoire d’une chanson à succès*
Connaissez-vous la chanson “Amié”? Apparemment non. Et “Amio”, “Amiyo” ou “Tu vas m’épouser”? Si! C’est la même chanson qu’en l’espace d’un an, chantent tour à tour Jackie Biho (“Tu vas m’épouser”); Bisso na bisso (“Amiyo”); Monique Seka (“Amio”) et récemment, pour la deuxième fois de sa carrière, Bebe Manga (“Amio”). Auparavant, elle avait été reprise une bonne vingtaine de fois par des chanteurs nationaux et étrangers dont certains, à l’instar de Francis Bebey et Manu Dibango, très célèbres. C’est à croire qu’elle a une magie particulière qui, irrésistiblement, attire bien de chanteurs depuis trois décennies. Et, toujours, elle séduit les mélomanes.

“Amié” – le titre original – est une bien belle chanson, mélodieuse et entraînante à souhait. Normal, son auteur-compositeur n’est autre que le seul survivant de la cuvée des fondateurs du makossa : Ebanda Manfred. En 1960, le jeune homme de 24 ans qu’il est alors tombe amoureux d’une jeune lycéenne à Yaoundé. Amié Essomba Brigitte. Fille-mère à l’adolescence, elle abandonne les études pour s’occuper de son enfant, alors qu’elle est encore au premier cycle de l’enseignement secondaire. A Ebanda Manfred qui lui fait part de ses sentiments, elle répond qu’elle ne peut pas s’engager dans une histoire d’amour tant qu’elle n’a pas sevré son bébé. Trouvant l’attente longue – surtout que l’année d’après il revient à Douala -, Ebanda Manfred chante son désespoir : “Amié, njika bunya so mo, oa mo o ma dubè no, na mba na tondi oa?”. Traduction : “Amie, quand croiras-tu enfin en mon amour?”. La chanson “Amié” vient de naître, et son compositeur n’a alors qu’un an d’expérience en musique.

En 1961, Ebanda Manfred arrive à Douala et intègre le “Rythmic band”, avec feu Nellè Eyoum. C’est pendant qu’il est dans ce groupe qu’il enregistre “Amié” à la radio, en 1962. Il ne pense pas encore à déclarer la chanson à une société de droits d’auteur. Dès l’année de son enregistrement, le bal des reprises commence. Le coup d’envoi est donné par Francis Bebey qui sort un disque, en Europe, dans lequel il interprète “Amié”. Quatre ans plus tard, c’est un autre chanteur de makossa, Paul Ebeny, qui l’enregistre en France. “Heureusement, cette fois, je l’avais déjà déclarée et quand, en 1966, Paul Ebeny est allé à la Sacem, il a trouvé que j’y étais déjà passé et il a été obligé de mettre mon nom comme auteur-compositeur de la chanson”, se souvient encore aujourd’hui Ebanda Manfred.

En 1980, Bebe Manga en fait une adaptation qui la propulse au-devant de la scène musicale internationale et lui permet de recevoir le “Maracas d’or” de la Sacem. La même année, André Astasié, un Antillais, la sort sous le titre “Pension alimentaire”. En 1982, c’est au tour d’Henri Salvador d’entrer dans la valse des reprises d’“Amié”, puis suivront Nayanka Bell, Manu Dibango et Papa Wemba, Monique Séka, Jackie Biho, Bisso na Bisso, Bebe Manga (bis)… et on en oublie.
15 millions de f cfa en une chanson

“Je sais que la chanson “Amié” a été reprise plus de 20 fois mais, de tous les chanteurs qui l’ont interprétée, je n’en connais qu’une dizaine. A l’exception d’un Américain dont je ne me rappelle plus le nom qui a contacté mon avocat en 1984 et a versé 5 millions de f cfa – moi je n’ai eu droit qu’à 2 millions de f cfa de cette somme – pour reprendre “Amié”, aucun des autres chanteurs n’est entré en contact avec moi. Mais leurs adaptations d’“Amié” ont généré des droits qui m’ont été versés”, précise Ebanda Manfred.

Et Amié Essomba Brigitte dans tout cela? “Elle s’est mariée mais cette chanson lui a causé pas mal d’ennuis. Chaque fois qu’il entendait cette chanson, son mari la frappait, au point qu’il a fini par lui crever un oeil. Elle a divorcé par la suite et s’est remariée. Elle vit toujours”, confie Ebanda Manfred qui, entre temps a trouvé en Villavienne, sa première épouse, une âme soeur et compagne de musique.
Bien qu’il ne l’ai jamais sortie sur disque – car, en fait, seules les bandes radio, à partir desquelles Francis Bebey et Paul Ebeny ont fait des reprises, ont jamais été enregistrées par Ebanda Manfred – «”Amié” m’a rapporté jusqu’ici, 15 millions f cfa au minimum, rien que pour les reprises, et j’attends toujours de l’argent qu’elle génère. En droits radio je n’ai presque rien eu de ce titre. Tout ce que j’ai gagné sur “Amié” vient donc des interprétations. J’aurais pu gagner le double de cette somme si mes avocats et autres mandataires ne m’avaient truandé pendant la répartition de l’argent», se désole-t-il.
Son dernier album, “Lolo”, sorti en 1989, Ebanda Manfred compte à son actif – en duo avec son ex-épouse, Villavienne – sept “45 tours” et quatre “33 tours”. Amié n’est pas la seule qui ait été reprise. D’autres compositions du chanteur telles “Enoumedi”, “Baby na mamy”, “Djongwanè lam” ou “Ballade bantu” l’ont été également. Mais Amié est la seule qui ait eu un succès mondial. La seule chanson camerounaise, peut-être, qui n’a rien à envier à “Guantanamera”, cet autre tube qui n’a pas fini de courir le monde.
* Article paru dans Le Messager N° 949 par Danielle Lomba

( 11 juillet, 2011 )

Amio

A travers le monde, le tube « Comme d’habitude » est très connu, particulièrement pour avoir été repris à toutes les sauces et cultures, en diverses langues pour un total dépassant les 1000 versions. On connaît notamment le « My way » de Franck Sinatra, et d’autres grands noms de la musique comme Michel Sardou, Florent Pagny, Faudel ou Il divo qui ont repris cette chanson incontournable.

Au Cameroun, il existe une chanson similaire à « Comme d’habitude », qui a depuis plusieurs dizaines d’années fait le tour de l’Afrique, dépassant parfois ses frontières : le célèbre « Ami oh ». Reprise plusieurs fois depuis des décennies, dont par African Connection aux débuts du Coupé Décalé – avec notamment Jacob Devarieux -, Ami oh fait partie des incontournables de la musique africaine. Si les croyances populaires attribuent à Bebe Manga la parenté de cette célèbre chanson, la vérité est qu’il faut en fait remonter plus loin dans le temps pour trouver la naissance de cette musique.

En effet, Ami oh, ou Amiyo, ou Amié n’a pas été composée dans les années 80 par Bebe Manga, mais 20 ans plus tôt par un nom que seul les initiés de la musique camerounaise connaissent : Ebanda Manfred.

En effet, Ebanda Manfred qui fait partie qui fait partie des pionniers de la musique camerounaise, est né le 02 Décembre 1935. En 1962 il compose e le titre « Amié » alors qu’il fait partie avec Nelle Eyoum du groupe Ryhmic Band qu’il a intégré un an plus tôt. Monsieur Francis Bebey soi-même fut le premier à reprendre le titre qu(il interprètera dans son album de la cuvée 1962. Si aujourd’hui cette chanson est connue sous le titre « amie oh », son titre original Amié est à la base le prénom d’une fille dont il est amoureux : Amié Essomba Brigitte, et la chanson est en fait une complainte d’un amoureux transi qui n’arrive pas à toucher le coeur de l’être aimé : « Amié, njika bunya so mo, oa mo o ma dubè no, na mba na tondi oa? » qui signifie en Français : »Amié, quand croiras-tu enfin en mon amour? ».

En effet, selon certaines sources, alors qu’il avait déclaré sa flamme à l’élue de son coeur, celle-ci qui était enceinte l’avait alors repoussé, voulant attendre d’avoir sevré son enfant avant de le fréquenter. Si cette thèse était vraie, alors Amié Essomba a alors involontairement été la muse d’une des plus célèbres chansons africaines.
Quelques années plus tard, c’est au tour de Paul Ebeny d’enregistrer une reprise d’Amié. Quand il se rend à la Sacem. Heureusement, Ebanda Manfred a déjà déposé la chanson et Paul Ebeny est obligé d’inscrire son nom comme auteur / compositeur et de lui verser des royalties. Mais c’est en 1980 que cette chanson connaîtra un essor mondial : Bebe Manga sort une reprise dont le succès la fera remporter le « Maracas d’or » de la Sacem. C’est cette version de la musique qui reste la plus connue aujourd’hui.

Le succès aidant, de nombreux grands noms de la musique reprennent le titre qui est devenu Amio : Manu Dibango, Monique Seka, Papa Wemba, Henri Salvador, ou encore l’Antillais André Astasié qui l’appelle alors « pension alimentaire ». Plus tard, les Bisso na Bisso, Nayanka Bell et beaucoup d’autres encore reprennent un titre dont la portée est désormais mondiale. De ce succès, quel est le profit de l’auteur ? Assez faible : « Je sais que la chanson “Amié” a été reprise plus de 20 fois mais, de tous les chanteurs qui l’ont interprétée, je n’en connais qu’une dizaine. A l’exception d’un Américain dont je ne me rappelle plus le nom qui a contacté mon avocat en 1984 et a versé 5 millions de f cfa – moi je n’ai eu droit qu’à 2 millions de f cfa de cette somme – pour reprendre “Amié”, aucun des autres chanteurs n’est entré en contact avec moi. Mais leurs adaptations d’“Amié” ont généré des droits qui m’ont été versés. Amié m’a rapporté jusqu’ici, 15 millions f cfa au minimum, rien que pour les reprises, et j’attends toujours de l’argent qu’elle génère. En droits radio je n’ai presque rien eu de ce titre. Tout ce que j’ai gagné sur “Amié” vient donc des interprétations. J’aurais pu gagner le double de cette somme si mes avocats et autres mandataires ne m’avaient truandé pendant la répartition de l’argent ».

Entre temps, Ebanda Manfred a rencontré une autre femme, qui aura elle aussi toute son importance dans sa carrière musicale : Villa Vienne qu’il a épousée. Et s’ils ont divorcé en 1978, elle est restée sa compagne musicale, et ils ont formé jusque dans les années 90 un duo novateur dans le monde du makossa avec plusieurs albums au top, reprenant d’ailleurs… Amio, la version originale d’Ebanda Manfred n’ayant été enregistrée que pour la radio.

A leur actif, on comptera une dizaine d’albums, à l’époque des 45 tours et des 33 tours, dont le dernier en 1989, « Lolo ». 30 ans d’une carrière bien remplie des années 70 à la fin des années 80, le duo « divorçant » définitivement en 1989. De confession de Villa Vienne, la musique n’était pour eux qu’un passe-temps, qu’une façon d’exprimer l’amour, thème privilégié de leurs chansons : en effet, elle travaillait au Crédit Lyonnais tandis qu’Ebanda Manfred était agent comptable de l’OAPI (Organisme Africain de la Propriété Intellectuelle).

En 2003, le 03 Septembre, Ebanda Dooh Manfred s’éteindra à Bonabéri, à l’hopitâl Cebec après des douleurs gastriques. Il sera inhumé le 13 Septembre à son domicile de Bojongo. Villa Vienne, sa compagne de toujours confiera au Messager sa douleur et sa difficulté de vivre sans celui qu’elle a toujours considérée comme son âme soeur. Elle s’éteindra deux ans plus tard, en 2005, encore plus discrètement que son ancien mari.

Ebanda Manfred, avec Nelle Eyoum, Francis Bebey et beaucoup d’autres, fait partie de ceux qui ont contribué à façonner le paysage musical camerounais avec une contribution hors du commun. Au delà d’ »Ami oh », qui a franchi les frontières camerounaises, Ebanda Manfred a aussi propulsé de nombreux musiciens, dont un certain Ekambi Brillant qui l’a toujours considéré comme son père.

Alors que le 03 septembre 2003 décédait le créateur d’une des œuvres musicales africaines les plus popularisées ayant franchi allègrement les frontières continentales au gré des interprétations américaine, française, antillaise, africaines, Ebanda Manfred, par l’anonymat de sa mort et la modestie relative des revenus tirés de son œuvre s’en va en réactualisant la question de la reconnaissance des artistes africains et leur statut.

Mais il semble bien qu’à tout prendre, le cas d’Ebanda sera un cas limite, instructif et révoltant où un artiste africain vivant en Afrique, auteur d’un succès international, aura généré des conditions d’existence de son art, minimales certes, dans le détestable contexte de prédation, d’exploitation odieuse du talent des uns par la force de captation et de désorganisation des autres.
Il y a par l’œuvre d’Ebanda Manfred, la révélation d’un des métiers de l’industrie musicale, celui d’auteur et pas nécessairement d’interprète. C’est toute la profession africaine qui est questionnée, dans ses pratiques et usages, dans l’impératif d’assainissement et de formation de ses cadres. Evoluant dans un environnement de centre-périphérie où les productions occidentales sont considérées supérieures, la lutte pour une meilleure reconnaissance internationale devra se faire en partie par une meilleure structuration, organisation et un professionnalisme accru des acteurs, artistes, producteurs, promoteurs. Une profession faible, délaissant le statut des artistes, la définition et l’application de leurs droits de propriété en friche ne pourra pas faire jeu égal avec les super-productions du show-biz occidental
Comptable à l’OAPI (organisation africaine de la propriété intellectuelle), la musique a toujours été un passe – temps. Sa timidité naturelle ne va certainement pas aider celui qui allait sur scène à reculons. Mais ça suffira pour que le génie soit reconnu et à sa mort en 2003, il avait une dizaine d’albums. Le dernier date de 2002 et verra probablement le jour.

Une péritonite a eu raison du dernier survivant des créateurs du makossa.
Il est parti sans crier gare. Comme cette visiteuse qui déboucha chez lui à Bojongo (village situé à la périphérie de Douala), cette après-midi de vendredi 15 août 2003, sans crier gare aussi; pour un entretien qui devait lui permettre de réunir suffisamment d’éléments pour une série inaugurée quelques jours avant, au journal Le Messager, consacrée à ces gloires de la culture camerounaise qui se font oublier: “Perdus de vue”.

Le père d’”Amié” a donc tiré sa révérence. Sans avoir vu arriver sur le marché son dernier album, pourtant enregistré en studio.

( 11 juillet, 2011 )

Villa Vienne

Villavienne
«Ma vie sans Ebanda Manfred»

Propos recueillis par Venant MBOUA

Ce fut une tâche pénible pour le reporter, d’interviewer Villavienne, quelques jours seulement après le décès d’Ebanda Manfred. La chanteuse est toujours inconsolable. Dans le court dialogue qui suit, Villavienne parle toujours de son ex-époux au présent. Même lorsqu’elle évoque leur amour, elle ne réussit pas à être à l’aise au cours de la conversation. A la fin, se référant toujours à notre article consacré à Ebanda Manfred avant sa mort, elle nous supplie, en sanglots “je pense toujours au titre de votre article. Ebanda Manfred : la vie sans Villavienne. J’espère que vous écriver cette fois-ci, Villavienne : la vie sans Ebanda Manfred”. C’est fait, Villa et bon courage !
Comment avez-vous appris la mort d’Ebanda Manfred ?

Un matin je suis arrivée au bureau et une collègue m’a dit “Villa, je viens d’apprendre que Manfred est mort”. En voyant mon étonnement, elle a compris que je n’étais pas encore au courant. Quelques minutes après, mon frère m’a appelée pour m’annoncer la nouvelle. Vous connaissez la suite.

Cela veut-il dire que vous n’aviez pas le contact permanent ?

Je tiens à vous dire que ce n’est pas parce qu’on est séparé qu’il y a un fossé entre nous. Il est mon meilleur ami. Avant l’article que vous avez fait sur lui, on a causé. Après l’article, on a causé. Ce qui veut dire qu’une semaine avant son décès on a causé.

Parlez-nous de votre rencontre. Comment a-t-elle été, sentimentale d’abord et professionnelle après ? Où l’inverse ?

C’est justement pour cela que cette interview après la mort de Ebanda Manfred me fait mal. Je suis tentée de mélanger notre vie commune et la vie artistique que nous avons eue. Notre vie commune a été un vrai amour. Je n’ai pas besoin de le répéter, si vous avez connu Ebanda Manfred et Villavienne… Je suis chanteuse depuis le bas-âge, lui aussi… Donc notre vie a été sentimentale avant d’être professionnelle.

La plupart de nos lecteurs sont jeunes ou, du moins, ils n’ont pas connu cette époque-là…

C’est vrai, beaucoup de gens nous connaissent peu. Quand on parle de Villavienne, ça évoque quelque chose de vague pour eux.
Nous avons été un duo pas comme les autres, pour parler comme vous les journalistes, parce que nous chantions avec amour.

Quand il a composé son titre à succès, Amio, vous étiez déjà ensemble ?

Non, nous n’étions pas encore ensemble. Mais parmi les reprises de ses chansons que nous avions faites, il y a Amio.

Parlez-nous de votre carrière artistique avec lui.

Nous avons commencé à chanter lorsque j’avais 17 ans. J’en ai 50 aujourd’hui. Nous avons divorcé en 1978. Mais nous avons continué à chanter ensemble. Tous nos derniers titres à succès, nous les avons chantés après le divorce.

Quel genre d’homme était-il ?

(Silence) Qualifier Ebanda serait très difficile pour moi. C’est… C’est l’homme le plus doux que j’aie jamais connu… (elle éclate en sanglots). Il n’a jamais fait de mal. Jamais à mes yeux… Même dans notre vie de couple, je ne l’ai jamais entendu gronder… C’est une grosse perte pour moi.

Quels thèmes avez-vous privilégiés dans vos chansons ?

L’amour. Je vous dis qu’Ebanda et moi, on s’aimait, on chantait l’amour, et comme il était un vrai artiste, il faisait aussi de la peinture.

La musique vous a-t-elle donné une fortune ?

Il était loyal pendant que nous étions ensemble. Alors lorsque je suis partie, je n’ai plus cherché à savoir le reste sur le droit d’auteur et sur sa fortune. Avec les spectacles qu’on faisait, je peux dire que c’était un homme sincère…

Mais est-ce que l’art vous nourrissait ?

Ecoutez, Ebanda travaillait ailleurs, moi aussi j’étais déjà au Crédit Lyonnais, donc l’art nous le faisions par plaisir.

Avec Sam Mbendè
Le chant du cygne

Ebanda Manfred est décédé. Mais le chanteur a eu le temps de dire au revoir aux mélomanes. Sa dernière oeuvre musicale, avec Villavienne, n’attend que d’être mise sur le marché. Celui qui en est le producteur nous conte son histoire. Un entretien qui vaut bien une note d’écoute, à défaut d’avoir pu mettre la main sur la bande enregistrée de ce qui sera le dernier album d’Ebanda Manfred.

Quand as-tu contacté Ebanda Manfred pour cet album, et quelle a été sa réaction?

Le projet date de 3 ans. Nous avons décidé de faire un album appelé Les patriarches. J’ai donc contacté Ebanda Manfred qui m’a dit que c’était une bonne idée, mais que nous devions la matérialiser avec Sallè John. Il a proposé de prendre des anciens titres de Sallè John et les siens, de les reprendre et d’y ajouter quelques unes de ses nouvelles compositions. C’est sur ce projet que nous travaillions. Nous avions même prévu, un temps, de mixer l’album en Europe; malheureusement, le destin en a décidé autrement.

Quel est le volume des reprises par rapport aux nouvelles chansons?

L’album contient 4 nouvelles chansons d’Ebanda Manfred et 3 reprises.

Pour un travail qui date de 3 ans, quand a été fait l’enregistrement?

En 2000-2001. Mais nous avons été freinés par la piraterie. Comme Ebanda Manfred était une grosse pointure, nous craignions de perdre sur le plan financier, car les pirates devaient être aux aguets. Nous attendions donc que le milieu soit quelque peu assaini pour sortir l’album.

Parmi les chansons reprises, quels titres compte-t-on?

Nous avons Bouboule, Amio et Dipito, tous avec Villavienne.

Cet album l’a donc de nouveau uni à Villavienne?

Oui. Villavienne a effectivement participé à ce travail.

Dans quelle mouvance se situent les 4 nouveaux titres?

Dans le makossa et un peu de tcha-tcha-tcha rumba, avec les influences des arrangements de Manuel Guysso. Il a gardé le fond de ce qu’on connaît d’Ebanda Manfred, et il a modernisé au niveau des sons. Ebanda Manfred est resté dans son style d’antan et égal à lui-même, il a gardé la même manière de jouer de la guitare. Comme B.B. King qui tourne sur trois accords depuis toujours et plaît jusqu’à aujourd’hui, Ebanda Manfred est un grand qui fait des choses très simples. Et pour réussir des choses très simples, il faut être un grand. Il est donc resté très poète, très peaufiné et très philosophe. Mais il s’ouvre aussi à la jeunesse, dans cet album, avec une reprise d’Amio effectuée par des jeunes rappeurs.

J’ai eu l’honneur d’écouter l’un de ces titres en studio, juste après l’enregistrement. Celui où il associe sa voix à celle de Sallè John pour une mise en garde aux jeunes: comme quoi les vieux qui leur ont laissé le champ libre sont déçus et entendent reprendre le flambeau. Toi qui a travaillé de près avec lui, quel regard posait-il sur la musique camerounaise d’aujourd’hui?

Il était déçu, car leur génération avait passé le relais aux jeunes afin qu’ils perpétuent la tradition de notre musique. Malheureusement, il s’égarent en cherchant des onomatopées et des rythmes de guitare qui viennent d’ailleurs. C’est ce qu’il regrettait. Il estimait que leur travail avait été gâché par une génération qui n’était pas formée. Ce qui rejoint la préoccupation de Manu Dibango qui parle de la formation des jeunes musiciens. C’est l’un des problèmes que nous devrons aborder dans le futur proche.

le messager

( 11 juillet, 2011 )

rio dos camaroes

si sa musique est un voyage, une aventure; lui par contre n’est pas un aventurier de la musique mais un connaisseur. Incontestablement Justin Bowen est une grosse pointure de notre patrimoine musical et, à l’image de Richard Bona dont il dit l’admiration pour son travail, il est une marque. Oui ! Musicalement parlant, la griffe Justin Bowen est à jamais gravée sur le marbre qui constitue le mur de la musique camerounaise et sur lequel sont gravées d’autres griffes aussi célèbres que talentueuses.

Deux albums, mais deux bijoux!

Rappelons qu’au moment de la traversée du désert d’un volet de la musique camerounaise investie par des rythmes venus d’ailleurs; conséquence d’un manque d’inspiration et de l’appât du gain facile qui animaient les uns et les autres, Justin Bowen était celui qui, parmi les instrumentistes camerounais, courageusement a pris le bâton de pèlerin pour affronter cette bourrasque, pour rompre la spirale et donner le cap en commettant ’’Flash Back’’. Titre éponyme d’une galette qui avait en même temps le mérite et le tort d’être une œuvre pionnière, mais combien salvatrice pour notre musique. Une voie que suivront nombreux d’autres instrumentistes dont l’excellent Richard Bona et aujourd’hui les jeunes loups aux griffes bien aiguisées comme Blick Bassy.

En récidivant avec ’’ Rio Dos Camaroes ’’, promenade sur 12 effluves du triangle nationale, Justin est resté fidèle à lui-même, c’est-à-dire, aller puiser dans les profondeurs de notre patrimoine culturel pour établir le pont avec les autres. C’est ce que rappelle cette voix qui ouvre l’album dans ’’Mangassa & Tene Family’’; c’est puiser dans certains codes de jeux de récréation comme dans ’’Mot de passe’’ pour nous offrir un régal musical. C’est aussi des coups d’œil adressés ci et là à des rythmes encore vierges de tous viols extérieurs comme dans ’’Bikutsi Show’’, dans lequel Queen Etémé confirme qu’elle est vraiment la wonderfull woman. Comme également ce clin d’œil fait au maître incontesté Aladin Bikoko dans ‘’Aladain’’. Dans ’’Banda Eva’’, Justin Bowen rappelle de temps à autre qu’il a des doigts de génie, lorsqu’avec son piano, il nous transporte vers des univers qui nous rappellent notre proximité réelle avec les Antilles…Tout un voyage !

Justin Bowen continue dans la voie qu’il a, presque 16 ans aujourd’hui tracée en redorant à sa manière le blason de cet art qu’il dit être un véritable métier qui mérite respect d’abord de la part des acteurs et ensuite de la part des consommateurs que nous sommes.

Cet album prend une saveur particulière avec la présence de deux autres personnalités musicales qui aujourd’hui nous observent de loin, mais dont la présence dans l’aventure initiée par Justin Bowen rehausse davantage la qualité de celle-ci par leur savoir-faire : d’une part Charlotte Mbango dont la voix dans ’’Ngosso Blues & Saint Thomas & Dikendis’’ nous rappelle que la musique est éternelle lorsqu’elle est bien faite et portée par des voix qui vous caressent. Et de l’autre, le groove, la clarté et la précision de frappe du métronome Valéry Bekombo Lobé dans les percussions et à la Batterie aux côtés de Roger Raspail. Pour apprécier davantage la dextérité de Valo, passez la piste 3 “Ngosso Blues” pour comprendre que le monde musical a perdu un monument. Le son du Hi-Hat est d’une clarté et d’une fluidité comme seul lui savait le faire.

Faut-il ici rappeler que par la maîtrise de leurs instruments, on ne saurait faire passer incognito le phrasé d’un André Manga, la vélocité du gaucher « bassant » à la voix de velours Vicky Edimo (Ngosso Blues & Dikendis) et le doigté de André Marie Tala, sans oublier le jeu chaloupé du guitarologue Bobby James de Nguimé (Ngosso Blues) dont les seules présences confèrent à cet album toute sa magie et toute sa légitimité à s’inscrire dans le temps et la durée.

Une fois de plus, Justin Bowen nous entraîne dans une aventure musicale de haute facture qui certes nous réconcilie avec notre patrimoine culturel mais trahit aussi l’insuffisance de la mise en valeur de ce patrimoine que le reste du monde nous envie pourtant. ’’Rio dos Camaroes’’ est une œuvre d’art faite par un artistes aux doigts d’or. Repassons-nous ‘Ngosso Blues’ pour fêter le Cameroun de Justin Bowen, celui des esthètes.

Justin est né dans un piano, à la Capitale. ( Yaoundé, Cameroun) À 14 ans, il joue : Orchestres scolaires, apprentissage solitaire, puis de 15 a 17 ans, au cabaret ‘Philanthrope’, déjà professionnel … Les ‘ ailes du désir musical’ l’emmènent très tôt en Grèce, puis, après six mois de tournée, en France, au Havre et toujours au piano. Là, il s’embarque avec le groupe ‘idéku Dynasty’sur la péniche ‘le Cap’. Mais son jeu ne le satisfait pas. Alors Justin travaille, travaille sans cesse: conservatoire, cours particuliers, base classique, école du jazz Union de la porte Océane puis Paris, IACP. Commence alors également une très grande écoute des grands : Jimmy Smith, bien sur Ray Charles, Otis Redding, Coltrane, Charlie Parker, Aretha Franklin, beaucoup Keith Jarrett… Mais il se passionne aussi pour les musiques du monde, qu’elles soient classiques ou traditionnelles (Maghreb, Brésil, Afro cubain …) C’est dans ce mélange que le style particulier de Justin prend sa source et continue d’évoluer.

À Paris, il retrouve ses amis, Jimmy, Sissy Dipoko, Vincent Nguini et d’autres. De studios en spectacles, il joue avec Pierre Akédengué, Ekambi Brillant, Tala André Marie, Fifi Rafiatou (la liste est longue …) , et il enregistre même avec Paul Simon pour l’album ‘Prouft’. Puis, il part en tournée avec Manu Dibango, dont il dirige l’orchestre pendant quelques années. Il se fait producteur et arrangeur pour Eddy Edouthe, Sissy Dipoko, Justin et Ideku Dynasty . Il produit également son propre album’ Flash Back’.

Non seulement il continue les tournées, le piano bar, mais il a son propre studio où il travaille aussi bien à des musiques de films ou de publicités ( Diamants – Diamants , Maxwell, reportages , ‘Paris à tout prix’ de Joséphine Ndjanou).

( 9 juillet, 2011 )

Nécrologie Bébé MANGA

L’artiste Bébé Manga est décédée le premier juillet 2011 de suite d’un arrêt cardiaque pendant qu’on la conduisait à l’hôpital.La nouvelle est connue de tous. Bébé Manga est décédée depuis le vendredi 1er juillet 2011. Elizabeth Bessem Manga,

plus connue sous l’appellation « Bébé Manga » a été victime d’un malaise cardiaque dans son domicile sis à Akwa Nord. La diva de la musique camerounaise a rendu l’âme alors qu’on la conduisait à l’hôpital. Selon des témoignages, C’est dans l’enceinte de l’hôpital Padre Pio à Akwa Nord que l’artiste a poussé le dernier soupir alors qu’on la transportait vers la salle des soins.Au domicile de l’artiste à Akwa Nord hier, l’ambiance est maussade. La disparation de l’artiste affecte toute le monde et davantage les membres de sa famille qui ne savent pas à quel saint se vouer. Ses photos sont disposées dans le salon. Selon Christey Ayuk, la nièce de la défunte, des artistes tels Ndedi Eyango, Marole Tchamba, Beko Sadey et plein d’autres sont déjà passés s’enquérir de la situation. D’après elle, Bébé Manga, avant sa mort, ne souffrait d’aucun mal. Elle était visiblement bien portante. C’est en son absence qu’elle s’est écroulée. « Je suis sortie pour chercher le vendeur de chargeur de téléphone. Quand je suis revenue, elle m’a dit qu’elle ne respirait pas bien. Je l’ai étalée au sol et je me suis mise à la ventiler avec le cahier. J’ai ensuite appelé mes frères et certains voisins pour qu’on l’amène à l’hôpital. » Témoigne–t-elle.

Elle sera conduite illico presto à l’hôpital Padre Pio où elle rendra l’âme sans laisser le temps aux médecins de lui administrer le moindre soin. C’était aux environ de 13h. Cependant, un autre membre de la famille déclare que «l’artiste était souffrante. Et que, ces derniers jours, elle allait mieux ».

Agée d’environ soixante ans, Elizabeth Bessem Manga a débuté sa carrière dans des cabarets de Douala puis dans la ville d’Abidjan en Côte d’Ivoire dans les années 1970. Elle fait partie de la génération des artistes qui ont donné au Makossa ses lettres de noblesse. Elle s’est fait connaitre du public grâce à l’interprétation en 1981 de «Ami o », un titre d’Ebanda Manfred. Ce chef d’œuvre interprété avec maestria par Bébé Manga deviendra un tube planétaire. En dehors de «Ami o », parmi les chansons à succès de Bébé Manga qui ne passent pas inaperçues, l’on peut citer «Mota Benama», «Lokognolo», «Esselemba» « Ndi Akamba », ou « Ndolo Lambéa ». Au total, la discographie de Bébé Manga est riche de 4 albums, de nombreux duo (avec Manu Dibango, Brenda Fassie, Toms Yoms, Ebanda Manfred…)

Affaiblie par la maladie

En 2009, Bébé Manga a participé aux Balafons festival du Bénin, en compagnie d’artistes comme Manu Dibango, Monique Séka et Krotal, notamment. L’une des dernières sorties en public de Bébé Manga a eu lieu le 18 mai 2011. Affaiblie par la maladie, elle avait chanté assise lors de la finale des concerts scolaires organisés par une société brassicole dans la capitale économique du Cameroun. La nouvelle du décès de ce mastodonte de la musique camerounaise dont les mélodies ne cesseront de bercer les mélomanes, a attristé plus d’un. « Je suis tellement triste d’apprendre que mon pays et mon continent a perdu une si belle voix. Paix à ton âme, Bebey Manga! Que ton âme repose en paix. » A déclaré Abou après avoir apprise la triste nouvelle. En attendant que le programme officiel soit communiqué, une veillée se tient tous les soirs au domicile du défunt à Akwa nord à Douala.

Distinctions honorifiques.

1981- Top Rfi

1982- « disque d’Or », Sacem

1983- « Maracas d’Or», Sacem

«Best singer of the year in Cameroon»

«Musical interpretation», award Cameroon

1994-« Ngwomo Africa »Award, Congo

2000- «Baward d’Or» de la musique

2005- «Top d’Or de la musique», Côte d’Ivoire

2009- « prix d’excellence Canal2 » Cameroun

La nouvelle expression

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