( 3 mars, 2014 )

Abdou Benito

L’auteur de la célèbre chanson « l’orphelin » s’est éteint à l’hôpital régional de Garoua jeudi 26 Janvier 2012 des suites de maladie

On se souvient encore de ce fameux générique de la série « l’orphelin » dans les années 1992 qui retentissait sur la Ctv (Crtv actuel, ndlr) tous les samedis soir et qui était très regardée par les téléspectateurs. La nouvelle du décès d’Abdou s’est propagée de manière véloce à travers le triangle national. Bénito souffrait d’insuffisance rénale et de pneumonie, il est passé de vie à trépas aux premières heures de la matinée du 26 janvier. Sa disparition a laissé de nombreux fans sans voix Lorsque j’ai appris son décès j’étais vraiment touché car pour moi comme pour de nombreux camerounais, il était un artiste de renom. Je puis dire que le Cameroun vient de perdre une icône au vu de ce qu’il a fait pour son pays affirme Jean-Jacques, chanteur de cabaret. L’annonce de la mort d’Abdou Bénito m’a fait pleurer en sanglots. La première fois que j’ai écouté son titre « l’orphelin » je venais de perdre mes deux parents dans un accident de circulation et je vivais chez ma tante, la sœur aînée de mon père qui me maltraitait énormément. Lorsque j’écoutais cette musique, elle me réconfortait et m’a donné la force d’être ce que je suis aujourd’hui confie Paul, enseignant. Comme l’exige la tradition musulmane, l’inhumation de ce dernier a eu lieu vers 13 h ce même jeudi au cimetière musulman de Garoua et les funérailles ont eu lieu samedi dernier à son domicile sis au quartier Nkolbivess. Il laisse derrière lui quatre épouses et huit enfants, tous consternés.

 

Fils d’un berger islamisé originaire de l’Est et d’une mère foulbé de Garoua, Abdou Bénito est né en 1953 dans la région de l’Est. Il se convertit à l’islam quelques années après l’arrivée de son père dans la ville de Garoua. Il est découvert au début des années 90 grâce à sa chanson dédiée aux orphelins. L’inspiration de cette chanson vient du fait qu’il a perdu son père (1982), abattu, il décide d’écrire ce titre à succès. La sortie de cet opus ne fut pas brillante dans la mesure où les producteurs ne sont pas intéressés. Il a lui a fallu attendre trois ans à l’occasion de l’avènement de la télévision nationale en 1985 (Ctv) pour relancer cette musique. Enseignant de formation, il exerçait sa profession à l’Ecole nationale des instituteurs de l’enseignement général (Enieg). Nombre d’élèves-maîtres à Garoua s’accordent à reconnaître qu’Abdou Bénito était également un enseignant dévoué à la tâche. Il s’agit d’un métier qu’il a embrassé au même titre que la musique. C’est sous l’impulsion de Alim Hayatou, l’actuel lamido de Garoua par ailleurs secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Santé publique, que les rênes de la chefferie de Nkolbives sont confiées à Abdou Bénito. Les habitants du quartier Yelwa (Nkolbives) pleure un chef traditionnel exemplaire. Les élèves-maîtres de l’Enieg de Garoua un enseignant dévoué à la tâche. Et le monde artistique une célébrité.

( 3 mars, 2014 )

MANGO

Ngo Banack Madeleine a pour nom d’artiste MANGO. Elle est une jeune camerounaise qui débute le chant à l’âge de 10 ans, inspirée par sa mère qui était déjà choriste à l’église. Elle fait mes études primaires à l’école publique groupe1 d’Essos, de Djoungolo 2 et une année à l’école publique de Biyemassi à Yaoundé. Je m’en souviens comme si c’était hier, car j’ai gardé de merveilleux souvenirs. Pour mes études secondaires, mon premier collège où j’ai fait la 6e a été le célèbre Collège Victor Hugo de Nsimeyong. Nous étions les premiers élèves de l’année d’ouverture. Avant de terminer mes études secondaires, j’ai parcouru beaucoup de collèges et lycées car, j’étais très sollicitée par les membres de ma famille. J’ai été au lycée de Pouma, au collège St Pie X d’Edéa, au Collège Bénédicte de Douala et enfin Au Lycée Bilingue d’Application. Originaire de Pouma où elle a vu le jour à l’hôpital catholique St-André, elle fera ses études sous l’influence de la musique, si bien que sa première prestation se passera au collège Bénédicte de Douala.

 

Même si elle est plutôt très réservée sur son âge, elle n’hésite pas à parler de son enfance et de sa famille. J’ai été une enfant comme les autres, à la seule différence que j’ai perdu mon père très tôt et cela m’a rendu un petit peu renfermée et plutôt responsable. J’étais très indépendante, bien que rêveuse et mélancolique. Mais j’adorais les jeux. Comme je poussais comme un champignon, je paraissais toujours plus grande que les filles de mon âge et cela m’a emmené à chercher des amies plus âgés que moi. J’ai toujours privilégié les discutions éducatives et constructives que de parler de chaussures, de vêtements… Je sors d’une famille modeste et nombreuse. Mais, j’ai eu la chance après la mort de mon père d’être élevée par ma sœur aînée qui avait une assez bonne situation. Donc, je n’ai pas manqué de grand chose. Elle m’a appris le culte de l’effort et surtout à ne pas envier le bien d’autrui. Selon elle, une femme ne devait parler que lorsqu’elle avait quelque chose de concret à dire et non des sottises. Aujourd’hui, je suis fière d’elle et de l’éducation qu’elle m’a apportée.

Après l’obtention de son Baccalauréat, elle va intégrer le Yaoundé University Music, (YUM) où elle chantera pendant trois ans, mais jamais à l’université, car la musique va l’emporter haut sur les études. Puis elle ira ensuite retrouver son frère au Gabon. Après un passage assez concluant dans le monde de la mode au Cameroun et au Gabon, elle sera chaleureusement reçue dans le club musique de l’université OMAR BONGO. Parallèlement, elle va suivre une formation d’esthéticienne à l’Institut figuratif du français dénommé Alain Gilbert en 1999 à Libreville au Gabon.

Une fois sa formation terminée et tenaillée par le désir de renouer avec ses études, elle va revenir au Cameroun au bout de trois ans où elle rencontrera «providentiellement Monsieur Roméo Dika» qui l’encadrera très vite. A ses côtés, elle passera cinq longues années de formation, pendant lesquelles elle fera des chœurs pour de nombreux artistes camerounais et posera sa voix dans des spots publicitaires. Une assez longue expérience d’acquisition des rudiments nécessaires pour enfin entrer en studio en vue de l’enregistrement de son tout premier album intitulé «Romance». Un album de six titres aux rythmes variés tels le Makossa, l’Afro-Zouk et la Rumba modernisée.

Sur les raisons du choix d’un tel titre, Madeleine Ngo affirme que Je l’ai intitulé Romance car, il est à mon image, le reflet de ma personne. Je suis quelqu’un qui aime les histoires à l’eau de rose. Bien que réaliste, j’aime le beau, et la sensualité. Aussi, je pense qu’on peut faire passer un message sans pour autant être barbare ou brutale. Sur ses rapports avec Roméo Dika, Mango nous confie, je ne suis pas la « maîtresse » De Roméo Dika, mais son Epouse. Il y a une grande différence, je suppose! Nos rapports sont professionnels, amicaux et empreints d’amour, de respect et de complicité.

La lecture, le cinéma, la cuisine et les voyages sont les hobbies de cette jeune artiste qui fait plutôt une entrée tonitruante dans le monde du showbiz. Un véritable coup de maître pour un coup d’essai, surtout lorsqu’on a le soutien des ténors de la musique camerounaise comme son époux Roméo Dika. Et ce qu’elle déteste par-dessus tout, c’est l’hypocrisie et le mensonge. J’ai horreur de ceux qui méprisent les autres.

( 3 mars, 2014 )

Val Chammar

Grâcieuse, voluptueuse, intelligente et talentueuse, Val Chammar, à peine son entrée faite dans l’univers musical camerounais, trouble les esprits par son génie artistique.

 

Douce, un peu timide, mais surtout belle, gentille et avec un sourire irrésistible, Mengue Marie Chantal alias Val Chammar, 24ans seulement au compteur et étudiante en master II option Carrière Sudiciaire à Soa (Yaoundé 2), .Au ménu, un bref échange avec d’autres confrères triés sur le volet, à l’objet de son tout premier opus  Mina’a (Mensonge en langue Ewondo)sorti en Mars 2013 sous les éditions Raspoutines Records d’un certain Francis Libéral, bien connu du showbiz camerounais ;  l’album de 06 titres aux délicats parfums de bikutsi, méringué, zouk et folk, a le don de nous étioler sous son emprise vocale ; sauf que nos désirs s’éveillent volontiers à l’écoute de la voix de Val Chammar, dont l’impact érotique qui en suit enjolive incroyablement l’écriture qui l’émaille.

Val chante en francais, mais surtout en langues locales (Eton, Bulu, et Ewondo). Cette originaire  de la lékié frappe ainsi son premier grand coup avec son sacre à la dernière édition (2013) du Festi-Bikutsi où elle rafle le Merite Féminin du bikutsi 2013. Cette beauté aux rondeurs africaines bien généreuses a également été invitée à  plusieurs spectacles et grandes cérémonies notamment celles du  17 décembre dernier  à l’occasion du 21ème anniverssaire du Cerac (Cercle des Amis de Chantal biya) où elle improvisera un duo avec la première dame en personne, et de la présentation des vœux à cette dernière en tant que son invitée spéciale.

Val Chammar a partagera aussi le même plateau avec de gros noms comme  K-tino (Ya-Fé le 21 décembre 2013),  ou encore Petit Pays Effata entre autres. Véritable hymne des amoureux, son titreJE TE JURE, JE T’AIME gagne de plus en plus le sommet des hits. Avec son succès ravageur lors de grandes crémonies de mariages,  Val Chammar est désormais annoncée du côté de la France dans les prochains mois pour plusieurs dates. Elle compte surtout participer cette année au grand concours Prix DécouverteRfi où elle voudrait faire un malheur, et honorer les couleurs de son pays.

( 3 mars, 2014 )

Willy NFor

auteur-compositeur, chanteur et bassiste camerounais, est mort, mercredi 11 février, à Paris des suites d’un cancer. Il était âgé de quarante-deux ans. Dans la famille des musiciens africains atypiques, Willy Nfor avait trouvé aisément sa place, avec l’album qu’il sortit en 1994, Maisha (Night & Day), composant une musique en équilibre entre tradition et modernité, à la croisée de tous les chemins d’Afrique et d’Occident. Avant de s’installer en 1983 à Paris, où il devint l’un des bassistes les plus en vue de la scène africaine, il avait séjourné au Nigeria, accompagnant pendant deux ans Sonny Okosuns, puis participant à la création du groupe Ghetto Blaster avec qui il prit la direction de Paris. «Il faut venir à Paris pour tout écouter, disait-il. En Afrique, chacun se contente de la musique qui se joue près de lui, ça ne fait pas beaucoup avancer les choses.» Willy Nfor avait accompagné à la basse Mory Kanté (notamment en 1987 sur Akwaba Beach, l’album contenant Yéké Yéké), Lapiro de Mbanga, Kanté Manfila, Aïcha Koné, Mbilia Bel, Manu Dibango et… CharlElie Couture’.

Willy Nfor débute sa carrière en jouant de la guitare basse, alors qu’il est encore jeune lycéen au Cameroun. Il joue alors dans les night-clubs non loin de la frontière du Nigeria. Assoiffé d’aventures, il débarque dès 1975 à Onitsha puis à Port Harcourt où il fonde les Mighty Flames avec lesquels il joue jusqu’en 1981. Il décide de renouveler l’expérience et atterrit à Lagos où il rencontre Sonny Okosuns, directeur d’EMI à l’époque. Pendant deux ans, il navigue entre les studios et la scène. Il découvre alors les joies de jouer pour un public qui voue un véritable culte aux artistes. Il s’éprend du high life et de la juju music dont Fela Kuti est le maître incontesté. Et part ensuite pour New York où il joue cette musique que le monde découvre.
En 1983, Willy vient en France. C’est la naissance de Ghetto Blaster, avec qui il tourne pendant cinq ans. Il accompagne Mory Kanté, Lapiro de Mbanga, Kanté Manfila, Aïcha Koné, Manu Dibango, Charlélie Couture… Fort de son expérience musicale, il décide d’enregistrer son premier album solo, Maïsha, en 1994. L’artiste chante l’Afrique : Ghetto Land, Wakka Wakka, Children of Africa, Poor Man, High Life time. Le public découvre l’Artiste. Sa musique s’impose.
Quatre ans plus tard, le 11 février 1998, c’est la consternation. Willy Nfor disparaît à la suite d’un cancer, alors qu’il préparait un nouvel album. Un mois plus tard, sa famille de musiciens donne un concert au New Morning en sa mémoire. Il sera enterré dans son village de Ndu au Cameroun.
Avec Fly away, c’est l’image de l’artiste qui plane sur nos têtes. Cet opus qu’il nous laisse en héritage est une pure merveille. 14 titres à travers lesquels on découvre un artiste humaniste. Le fils spirituel de Fela, à qui il rend hommage, rejoint son père. Paix à son âme. »

( 3 mars, 2014 )

John Duchant

John Duchant est un jeune homme de Meyomessala par sangmelima ,un chantre de l’EPC (église presbytérienne camerounaise ) qui a toujours chanté des louanges à Dieu .En 2012 il est une découverte pour tous ces mélomanes des chansons mondaines.Ils découvrent tous aujourd’hui qu’on peut glorifier son Dieu même en dansant en boite de nuit .John Duchant est un chanteur à thème qui chante les travers de la société qui sont toujours d’actualités comme : la jalousie ,l’honnêté ,l’amour,la médisance etc..L’année 2012 marque sa révélation musicale dans  » Nlem  » une chanson que tout le Cameroun fredonne encore jusqu’à ce jour .En ce début d’année 2013 il récidive avec  » Te tik ,ne juge point  » qui est tout un programme ,tellement la société actuelle nous juge en tout point même quand vous vous investissez pour donner de votre temps dans une activité qui profite à tous .A ceux-là je leur dit encore  » Ne jugez point  » John Duchant la révélation du gospel qui évolue et qui ramène les brebis égarées au temple cette fois là pour une bonne cause .

( 3 mars, 2014 )

NDONGO MERRY

Jean-Paul NDONGO MERRY est aujourd’hui l’un des plus grands guitariste et ingénieur du son installé dans la région parisienne. Il commence sa carrière de guitariste très jeune au Cameroun dans les groupes scolaires et plutard avec le groupe mythique de la ville de Douala, les « Black Men City ». Puis, il part au Nigeria dans les années 80 où il est engagé comme guitariste « lead » du célébrissime Prince NICO MBARGA. Après des années de tournées à travers le monde, il rentre au Cameroun plus précisément à Douala où il écume les grands cabarets de la ville à savoir : « la Jungle », « le Vieux Nègre », « le Grand Café », « le Scott » etc …

Pendant ces années passée au pays, il commence à se sentir à l’étroit et constate que sa progression dans l’art musical a ralenti. C’est ainsi que Jean-Paul NDONGO MERRY choisi de s’installer à Paris. Très vite, il forme un trio avec Richard Bona à la Basse et Claude-Aimé Motongane aux claviers et anime dans le quartier du Montparnasse le restaurant « Le KIKANA ». Ce trio va changer les sorties nocturnes de la diaspora Black de Paris : le restaurant parisien Le KIKANA offre désormais de manger, d’écouter de la musique et de danser. C’est la révolution dans le secteur, cette formule reste aujourd’hui la plus lucrative des offres des restaurants Africains. Au début des années 90, Jean-Paul NDONGO MERRY  reçoit la formation d’ingénieur du Son. Il commence a s’équiper petit à petit de matériel d’enregistrement de musique. Et logiquement, en 1995, il créé son studio d’enregistrement et abandonne son groupe.

Dix années plus tard, À la fin de l’année 2005, Jean-Paul Ndongo Merry  réalise son premier album solo et choisi comme site pilote pour le tester, le Cameroun. Et Boum !!!, c’est le succès, son album « DZU TE MA (Pardonne Moi) » est encore Numéro 1 de sa cathégorie aujourd’hui au Cameroun. Sa sortie en France est un événement majeur dans le secteur de la WORD MUSIC.

( 3 mars, 2014 )

X-Maleya

Les X-Maleya, lauréats du prix du meilleur album maxi single hip hop fusion au « Mboa Hip Hop Awards 2011 ». C’est le dernier laurier en date de ce trio qui n’en finit pas de glaner des « groupies », autant chez les jeunes qu’auprès des adultes. X-Maleya, c’est trois hommes et trois albums. Après le premier opus « Exil », sorti en 1998, le groupe perce véritablement en 2009, avec « Maleya » et son tube « Yelele ». Le morceau fait un tabac. Dans la même lancée, « Tchokolo » remet sur les devants de la scène, Roger, Auguste et Haïs. Ils reviennent cette année avec l’album « Tous ensemble ». Ce dernier produit marque une transition dans les sonorités du groupe.

S’il est exact qu’en véritable touche-à-tout, il s’est associé au rappeur Pit Baccardi sur l’album « Maleya » pour un remix de son titre-phare, le groupe est allé cette fois-ci un peu plus dans l’exploration d’autres styles. Le hip hop tient alors une bonne place dans « Tous ensemble ». Le titre de l’album est d’ailleurs interprété en featuring avec le rappeur franco-congolais Passi. Stone, un autre rappeur camerounais leur prête voix forte. Pit Baccardi refait une apparition sur « Son me », ballade dans laquelle les chanteurs en appellent à la protection du Seigneur face aux jaloux qui veulent les voir tomber. Sans doute des envieux de leur succès. Une réussite que les X-Maleya ont eux-mêmes beaucoup de mal à expliquer. Ils s’en remettent à Dieu, à leur travail et au soutien inconditionnel de leur public.

Elle est loin l’époque de « La Case », ce petit local situé au quartier Bastos à Yaoundé, où trois garçons répétaient leurs partitions sans se douter de leur notoriété future. A présent, X-Maleya est de tous les événements et de tous les spectacles, aussi bien nationaux qu’au-delà des frontières du terroir. Ce fut le cas lors du Festival panafricain d’Alger (Algérie) (Panaf 2009) où ils ont fait partie de la délégation camerounaise, comme les Macase, Donny Elwood et d’autres artistes camerounais à la renommée internationale. C’est dire que leur aura ne cesse de s’étendre. Jusqu’où ira la « Maleya mania » ? Le plus haut possible, espèrent les insatiables fans de ce trio dans le vent.

( 3 mars, 2014 )

Valsero

Valsero a choisi son camp : celui de ceux qui dénoncent. Dans son pays, le Cameroun, où on a pris l’habitude de subir en silence par crainte de représailles ou de se taire contre de l’argent, le rappeur à la voix rocailleuse et au regard acéré fait figure de météorite. Il est par conséquent redouté : ses morceaux ne sont pas diffusés par la radiotélévision publique et ses concerts sont régulièrement interdits par les autorités ou interrompus par la police.

Valsero, lui, « a l’impression d’être vivant, réel » lorsqu’il s’exprime. Le népotisme du régime, la corruption, le détournement des fonds publics par les dirigeants, le pouvoir et les ressources confisqués par une poignée de sexagénaires et septuagénaires, le désarroi des jeunes confrontés au chômage : il décrit les maux du Cameroun à la perfection. « Ce pays tue les jeunes, les vieux ne lâchent pas prise (…) / Cinquante ans de pouvoir et après ça, ils ne lâchent pas prise / La jeunesse crève à petit feu / Tandis que les vieux derrière la forteresse se saoulent à l’eau de feu / Ce pays est comme une bombe et pour les jeunes un tombeau », scande-t-il dans son premier album, Politikement instable, sorti en 2008.

Valsero, de son vrai nom Serval Gaston Abe, « frappe fort » parce qu’il sait de quoi il parle : comme la grande majorité des jeunes Camerounais, soit plus de la moitié de la population, il s’est retrouvé au chômage et sans aucune perspective, une fois ses études à l’Ecole des postes et télécommunications terminées, en 2002. Révolté, il commence à écrire. « Au début des années 1990, j’écoutais du rap pour le plaisir. Et puis, plus tard, j’ai été confronté à la vraie vie, aux vrais problèmes, à la douleur du chômage. J’ai commencé à comprendre ce que disaient les rappeurs. J’ai eu envie de dire moi aussi », explique-t-il.

Dans Lettre au président, son morceau le plus connu, le chanteur admiré pour son courage s’adresse directement au chef de l’Etat Paul Biya. « Prési, tes potes vivent au bled comme s’ils sont de passage / Ils amassent des fortunes, spécialistes des braquages / Ils font preuve d’arrogance, ils frustrent le peuple / Ils piétinent les règles et ils font ce qu’ils veulent / Ah prési, arrête ça, c’est ça ton travail / Ou inch’allah, je jure : un autre fera le travail », chante-t-il.

Sa rage, ses contemporains la partagent. En août 2009, à Yaoundé, une vingtaine de jeunes ont été arrêtés par la police pour avoir déchiré pendant un de ses concerts une affiche géante de Paul Biya, collée sur un mur pour une précédente manifestation. Fin 2009, Valsero insiste avec un single Répond ! visant de nouveau le président, que peu osent critiquer publiquement. « Prési (…), je t’ai envoyé une lettre présentant les doléances de la jeunesse camerounaise mais le temps passe, le père, et toujours pas de réponse (…) / On veut juste vivre et se sentir mieux, ne nous ignore pas (…) / Ne transforme pas en loups et lions des agneaux et des moutons / Elle peut faire mal, une jeunesse qui opte pour la rébellion / Répond (…) / Mais quelle est donc ta politique ?  »

Autopsie, son prochain album, autoproduit, sortira en juillet. Dans sa ligne de mire, l’élection présidentielle de 2011 à laquelle Paul Biya pourrait bien être encore candidat : il a fait supprimer en 2008 la limitation du nombre de mandats présidentiels, en dépit d’un large mouvement de contestation. Valsero veut, avec ses nouveaux textes, faire comprendre aux jeunes qu’il faut s’intéresser à la politique et voter. « Aujourd’hui, ils sont démobilisés. Ils préfèrent boire une bière plutôt que d’aller s’inscrire sur les listes électorales. Mais il faut leur faire comprendre que si le Cameroun est dans la merde, c’est à eux de le sortir de là. Dire ‘ce n’est pas de notre faute’ ne règle pas le problème », soutient-il. « Le vote n’a peut-être pas montré son efficacité au Cameroun, mais ça ne veut pas dire qu’il a perdu son efficacité. Il faut aller voter en masse, s’intéresser aux résultats et réagir. Seule une participation massive peut légitimer une action de contestation »

( 3 mars, 2014 )

Kotto Bass

Les plus aimants diront qu’il a été arraché à la vie. Brutalement d’ailleurs. Il était âgé de 33 ans à sa mort, le 20 novembre 1996. Kotto Bass ou Nyamsi Kotto Auger Théodore pour l’état civil, malgré que son étoile commençait à peine à briller, reste sur l’échiquier africain l’un des artistes les plus brillants de sa génération. Un talent immense et surtout inoubliable. Inoubliable a l’instar de ses trois galettes discographiques qu’il a laissé à la postérité. De Edith ndola’a ngo à Soukous fusion en passant par My last song qui continuent de faire trémousser nombre de fans aux travers des titres tels Edith, Concours de patience, Oke Mado, Papa Promesse, Folo Folo, J’aime tout le monde, Bamenda. Des chansons qui sont encore fredonnés sans répit par des mélomanes qui pleurent toujours la disparition d’un bassiste au doigté magique et singulier.

Avec une humilité touchante, Kotto Bass avait déjà imprimé sa marque dans un paysage musical qui plus tard, et ce après sa disparition, sera violemment secoué par une vague de musiques étrangères déterminée à s’implanter par tous les moyens. Avant même que l’on ait commencé à parler des autres virtuoses de la guitare basse que le Cameroun a enfanté, Richard Bona, Tumba Minka, Sabal Lecco… Le jeune Auger Théodore produisait déjà les plus belles partitions de basses pour le compte du Makassi Band Connection de Sam Fan Thomas dont il a été « le plus fidèle disciple et chef d’orchestre » affirme Sam.

Nyamsi Kotto n’a que deux ans lorsqu’il est atteint d’une poliomyélite. Celle-ci lui paralysera le pied, sans toutefois freiner les ardeurs du jeune qui déjà à l’école Camp Berteau où il suit ses études primaires, affichait quelques prédispositions pour la musique. Mais dans cette circonstance, personne ne pouvait imaginer qu’il deviendrait un artiste de haut rang, qui plus tard accompagnera des grands noms de la scène camerounaise. Découvert par le grand public sur un album collectif où il exécuta avec brio une reprise de Ponce Pilate en 1993, Kotto Bass est resté au sommet de son art jusqu’à sa disparition très précoce trois ans plus tard, décrochant au passage un disque d’or avec son premier album solo.

Treize ans aujourd’hui que Kotto Bass repose au cimetière de Mabanda par Bonabéri, et au passage l’on peut apercevoir une stèle construite à l’effigie de l’artiste. Après avoir servi au public une gamme variée de rythmes détonants comme le soukouss dont-il avait seul le secret de la composition. Aujourd’hui la cadette de l’artiste (Ruth Kotto) tente tant bien que mal de pérenniser l’œuvre du grand frère, ou plutôt, le nom de la famille. Les circonstances du décès brusque de l’artiste restent floues, des sources affirment qu’il s’agissait d’une intoxication alimentaire. De la version, on s’en contente car le fait est là, l’artiste a depuis treize années, coupé les cordes de sa guitare basse, brisé sa canne aux couleurs américaines qui le quittait difficilement et fracassé le microphone au travers duquel jaillissait sa voix veloutée.

( 3 mars, 2014 )

Hugo Nyamè

Pour son tout premier album en tant qu’artiste solo, Hugo Nyamè propose un produit de qualité qui ramène sur le devant de la scène le makossa authentique longtemps laissé aux oubliettes entre autres Ngosso et Essèwe dont Hugo en a la maitrise. Pour cela, le virtuose s’est entouré d’amis de toujours qui ont travaillé avec lui ses compositions par ailleurs, dont entre autres, l’arrangeur de talent Joly Priso et la collaboration de la toute nouvelle maison de production sur la place, Altus Production.Pardon Madame est disponible dans les bacs depuis Février 2009 avec une soirée dédicace le 26 Juin 2009 dans la désormais connue salle de Douala-Bercy à Akwa.

Sa voix rappelle étrangement celle de Douleur. Il s’est même dit que c’est lui qui composait et chantait pour lui. Mais Hugo Nyame dément toutes ces rumeurs. « J’ai juste un peu imité le style de Douleur, car c’est un chanteur que j’admire et que j’ai beaucoup écouté dans ma jeunesse. Je lui ai envoyé un de mes Cd dédicacé récemment », déclare l’artiste. L’album de neuf titres revisite les rythmes de la pure culture sawa : le ngosso, l’essèwê, le makossa, etc. « Chez moi à Ewodi, je suis un chef. C’est pour cela que je suis très attaché à la tradition », confie Hugo Nyamè. Au niveau de la thématique, l’amour et les souvenirs de jeunesse occupent une place de choix. Ainsi par exemple, « Pardon madame » raconte les pérégrinations amoureuses de l’artiste et de ses amis. « Nyango » est un hommage à la cousine du chanteur du même nom, morte à seize ans. Très attaché à la jeune fille, l’artiste a été profondément marqué par sa disparition. « C’est le moins que je pouvais faire pour elle afin de perpétuer son souvenir », déclare-t-il.

Deux ans après, Hugo Nyamè commet « Muledi » (le maître en langue Duala). Un album de neuf titres fidèles à sa ligne makossa avec l’éternelle référence vocale à son collègue Douleur.Produit par le label BNJ, ce deuxième album qui vise la reconnaissance internationale pour l’artiste assied une grosse mécanique de promotion, à commencer par la soirée dédicace du 27 Août 2011 à la salle Douala Bercy un des centres nerveux de la Jet set dans la capitale économique. Lors de ladite soirée dédicace, les fanatiques ont eu droit en exclusivité au premier live officiel de « Muledi », avec en guest stars Annie Anzouer, Papa Zoé, Big Benji et Dyna Michou. En novembre de la même année il s’envole pour une série de spectacles en Europe.

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