( 3 mars, 2014 )

Abdou Benito

L’auteur de la célèbre chanson « l’orphelin » s’est éteint à l’hôpital régional de Garoua jeudi 26 Janvier 2012 des suites de maladie

On se souvient encore de ce fameux générique de la série « l’orphelin » dans les années 1992 qui retentissait sur la Ctv (Crtv actuel, ndlr) tous les samedis soir et qui était très regardée par les téléspectateurs. La nouvelle du décès d’Abdou s’est propagée de manière véloce à travers le triangle national. Bénito souffrait d’insuffisance rénale et de pneumonie, il est passé de vie à trépas aux premières heures de la matinée du 26 janvier. Sa disparition a laissé de nombreux fans sans voix Lorsque j’ai appris son décès j’étais vraiment touché car pour moi comme pour de nombreux camerounais, il était un artiste de renom. Je puis dire que le Cameroun vient de perdre une icône au vu de ce qu’il a fait pour son pays affirme Jean-Jacques, chanteur de cabaret. L’annonce de la mort d’Abdou Bénito m’a fait pleurer en sanglots. La première fois que j’ai écouté son titre « l’orphelin » je venais de perdre mes deux parents dans un accident de circulation et je vivais chez ma tante, la sœur aînée de mon père qui me maltraitait énormément. Lorsque j’écoutais cette musique, elle me réconfortait et m’a donné la force d’être ce que je suis aujourd’hui confie Paul, enseignant. Comme l’exige la tradition musulmane, l’inhumation de ce dernier a eu lieu vers 13 h ce même jeudi au cimetière musulman de Garoua et les funérailles ont eu lieu samedi dernier à son domicile sis au quartier Nkolbivess. Il laisse derrière lui quatre épouses et huit enfants, tous consternés.

 

Fils d’un berger islamisé originaire de l’Est et d’une mère foulbé de Garoua, Abdou Bénito est né en 1953 dans la région de l’Est. Il se convertit à l’islam quelques années après l’arrivée de son père dans la ville de Garoua. Il est découvert au début des années 90 grâce à sa chanson dédiée aux orphelins. L’inspiration de cette chanson vient du fait qu’il a perdu son père (1982), abattu, il décide d’écrire ce titre à succès. La sortie de cet opus ne fut pas brillante dans la mesure où les producteurs ne sont pas intéressés. Il a lui a fallu attendre trois ans à l’occasion de l’avènement de la télévision nationale en 1985 (Ctv) pour relancer cette musique. Enseignant de formation, il exerçait sa profession à l’Ecole nationale des instituteurs de l’enseignement général (Enieg). Nombre d’élèves-maîtres à Garoua s’accordent à reconnaître qu’Abdou Bénito était également un enseignant dévoué à la tâche. Il s’agit d’un métier qu’il a embrassé au même titre que la musique. C’est sous l’impulsion de Alim Hayatou, l’actuel lamido de Garoua par ailleurs secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Santé publique, que les rênes de la chefferie de Nkolbives sont confiées à Abdou Bénito. Les habitants du quartier Yelwa (Nkolbives) pleure un chef traditionnel exemplaire. Les élèves-maîtres de l’Enieg de Garoua un enseignant dévoué à la tâche. Et le monde artistique une célébrité.

( 3 mars, 2014 )

MANGO

Ngo Banack Madeleine a pour nom d’artiste MANGO. Elle est une jeune camerounaise qui débute le chant à l’âge de 10 ans, inspirée par sa mère qui était déjà choriste à l’église. Elle fait mes études primaires à l’école publique groupe1 d’Essos, de Djoungolo 2 et une année à l’école publique de Biyemassi à Yaoundé. Je m’en souviens comme si c’était hier, car j’ai gardé de merveilleux souvenirs. Pour mes études secondaires, mon premier collège où j’ai fait la 6e a été le célèbre Collège Victor Hugo de Nsimeyong. Nous étions les premiers élèves de l’année d’ouverture. Avant de terminer mes études secondaires, j’ai parcouru beaucoup de collèges et lycées car, j’étais très sollicitée par les membres de ma famille. J’ai été au lycée de Pouma, au collège St Pie X d’Edéa, au Collège Bénédicte de Douala et enfin Au Lycée Bilingue d’Application. Originaire de Pouma où elle a vu le jour à l’hôpital catholique St-André, elle fera ses études sous l’influence de la musique, si bien que sa première prestation se passera au collège Bénédicte de Douala.

 

Même si elle est plutôt très réservée sur son âge, elle n’hésite pas à parler de son enfance et de sa famille. J’ai été une enfant comme les autres, à la seule différence que j’ai perdu mon père très tôt et cela m’a rendu un petit peu renfermée et plutôt responsable. J’étais très indépendante, bien que rêveuse et mélancolique. Mais j’adorais les jeux. Comme je poussais comme un champignon, je paraissais toujours plus grande que les filles de mon âge et cela m’a emmené à chercher des amies plus âgés que moi. J’ai toujours privilégié les discutions éducatives et constructives que de parler de chaussures, de vêtements… Je sors d’une famille modeste et nombreuse. Mais, j’ai eu la chance après la mort de mon père d’être élevée par ma sœur aînée qui avait une assez bonne situation. Donc, je n’ai pas manqué de grand chose. Elle m’a appris le culte de l’effort et surtout à ne pas envier le bien d’autrui. Selon elle, une femme ne devait parler que lorsqu’elle avait quelque chose de concret à dire et non des sottises. Aujourd’hui, je suis fière d’elle et de l’éducation qu’elle m’a apportée.

Après l’obtention de son Baccalauréat, elle va intégrer le Yaoundé University Music, (YUM) où elle chantera pendant trois ans, mais jamais à l’université, car la musique va l’emporter haut sur les études. Puis elle ira ensuite retrouver son frère au Gabon. Après un passage assez concluant dans le monde de la mode au Cameroun et au Gabon, elle sera chaleureusement reçue dans le club musique de l’université OMAR BONGO. Parallèlement, elle va suivre une formation d’esthéticienne à l’Institut figuratif du français dénommé Alain Gilbert en 1999 à Libreville au Gabon.

Une fois sa formation terminée et tenaillée par le désir de renouer avec ses études, elle va revenir au Cameroun au bout de trois ans où elle rencontrera «providentiellement Monsieur Roméo Dika» qui l’encadrera très vite. A ses côtés, elle passera cinq longues années de formation, pendant lesquelles elle fera des chœurs pour de nombreux artistes camerounais et posera sa voix dans des spots publicitaires. Une assez longue expérience d’acquisition des rudiments nécessaires pour enfin entrer en studio en vue de l’enregistrement de son tout premier album intitulé «Romance». Un album de six titres aux rythmes variés tels le Makossa, l’Afro-Zouk et la Rumba modernisée.

Sur les raisons du choix d’un tel titre, Madeleine Ngo affirme que Je l’ai intitulé Romance car, il est à mon image, le reflet de ma personne. Je suis quelqu’un qui aime les histoires à l’eau de rose. Bien que réaliste, j’aime le beau, et la sensualité. Aussi, je pense qu’on peut faire passer un message sans pour autant être barbare ou brutale. Sur ses rapports avec Roméo Dika, Mango nous confie, je ne suis pas la « maîtresse » De Roméo Dika, mais son Epouse. Il y a une grande différence, je suppose! Nos rapports sont professionnels, amicaux et empreints d’amour, de respect et de complicité.

La lecture, le cinéma, la cuisine et les voyages sont les hobbies de cette jeune artiste qui fait plutôt une entrée tonitruante dans le monde du showbiz. Un véritable coup de maître pour un coup d’essai, surtout lorsqu’on a le soutien des ténors de la musique camerounaise comme son époux Roméo Dika. Et ce qu’elle déteste par-dessus tout, c’est l’hypocrisie et le mensonge. J’ai horreur de ceux qui méprisent les autres.

( 3 mars, 2014 )

Val Chammar

Grâcieuse, voluptueuse, intelligente et talentueuse, Val Chammar, à peine son entrée faite dans l’univers musical camerounais, trouble les esprits par son génie artistique.

 

Douce, un peu timide, mais surtout belle, gentille et avec un sourire irrésistible, Mengue Marie Chantal alias Val Chammar, 24ans seulement au compteur et étudiante en master II option Carrière Sudiciaire à Soa (Yaoundé 2), .Au ménu, un bref échange avec d’autres confrères triés sur le volet, à l’objet de son tout premier opus  Mina’a (Mensonge en langue Ewondo)sorti en Mars 2013 sous les éditions Raspoutines Records d’un certain Francis Libéral, bien connu du showbiz camerounais ;  l’album de 06 titres aux délicats parfums de bikutsi, méringué, zouk et folk, a le don de nous étioler sous son emprise vocale ; sauf que nos désirs s’éveillent volontiers à l’écoute de la voix de Val Chammar, dont l’impact érotique qui en suit enjolive incroyablement l’écriture qui l’émaille.

Val chante en francais, mais surtout en langues locales (Eton, Bulu, et Ewondo). Cette originaire  de la lékié frappe ainsi son premier grand coup avec son sacre à la dernière édition (2013) du Festi-Bikutsi où elle rafle le Merite Féminin du bikutsi 2013. Cette beauté aux rondeurs africaines bien généreuses a également été invitée à  plusieurs spectacles et grandes cérémonies notamment celles du  17 décembre dernier  à l’occasion du 21ème anniverssaire du Cerac (Cercle des Amis de Chantal biya) où elle improvisera un duo avec la première dame en personne, et de la présentation des vœux à cette dernière en tant que son invitée spéciale.

Val Chammar a partagera aussi le même plateau avec de gros noms comme  K-tino (Ya-Fé le 21 décembre 2013),  ou encore Petit Pays Effata entre autres. Véritable hymne des amoureux, son titreJE TE JURE, JE T’AIME gagne de plus en plus le sommet des hits. Avec son succès ravageur lors de grandes crémonies de mariages,  Val Chammar est désormais annoncée du côté de la France dans les prochains mois pour plusieurs dates. Elle compte surtout participer cette année au grand concours Prix DécouverteRfi où elle voudrait faire un malheur, et honorer les couleurs de son pays.

( 3 mars, 2014 )

Taby Ley Rochereau

Né à Banningville (aujourd’hui Bandundu), Pascal Emmanuel Sinamoyi Tabu commence par chanter à l’église et dans les chorales des établissements scolaires qu’il fréquente avant de rejoindre, en 1959, l’Éducation nationale du Congo.

Il entame alors une carrière de fonctionnaire, d’abord comme secrétaire administratif au Fonds du Bien-être indigène puis en tant que responsable administratif et financier à l’Athénée de Kalina (l’actuel Institut de la Gombe).

Marié à Georgette Mowana (alias « Tété »), il a cinq enfants : Blackson Matthieu, Mireille-Esther, Colette, Gisèle et Isabelle.

Il vécut un amour idyllique avec la Miss Zaïre 1969 Jeanne Mokomo avec qui il a également six autres enfants : Carine, Laty, Bob, Abel, Pegguy et Flore.

Dans un article du Parisien, le rappeur Youssoupha affirme que « la star de la rumba congolaise » Tabu Ley Rochereau est son père et qu’il aurait 68 enfants. Youssoupha le prend en plaisantant : « Ça fait partie du folklore de la grande star africaine qui a beaucoup d’amour et qui en donne beaucoup ». Ainsi le père et son fils se retrouvent dans l’album Noir D**** de Youssoupha pour le titre « Les Disques de mon père ». Ils chantent en duo le 7 mai 2012 à l’Olympia.

Il commence à composer dans les années 1950. En 1956, il participe à une séance d’enregistrement avec le musicien Grand Kalle (Joseph Kabasele). C’est le début de sa carrière: Tabu propose ses chansons à l’African Jazz, qui l’engage. Il prend alors son nom de scène de Rochereau, en hommage au gouverneur de Belfort, Pierre Philippe Denfert-Rochereau. D’après d’autres sources, le surnom de Rochereau lui a été donné par ses camarades de classe, il était la réponse à une question d’histoire auquel il était le seul à connaître la reponse.

Ses premiers titres, comme Kelya, Adios Tété et Bonbon sucré le font connaître du public. Il est alors proche du Mouvement national congolais de Patrice Lumumba.

Il quitte l’African Jazz et rejoint l’orchestre Jazz Africain en novembre 1960, puis crée la formation African Fiesta Flash en 1965. Il y composera, entre 1964 et 1968, près de 200 chansons. L’orchestre se rend à Brazzaville puis à Montréal à l’occasion de l’exposition universelle de 1967.

Succès international

En 1969, Rochereau recrute des danseurs et un groupe de danseuses appelées «les Rocherettes», qu’il emmène à Paris l’année suivante pour ses concerts à l’Olympia. La tournée est écourtée suite à la découverte d’une affaire financière qui met en cause la gestion du groupe.

Comme l’avait fait Kallé son mentor, Rochereau a apporté avec son orchestre l’African fiesta National pas mal d’innovations dans la rumba congolaise. En adoptant tout d’abord la batterie, à l’image de ce que l’on trouvait dans les groupes de pop ou de rhythm ‘n’ blues.

C’est Seskain Molenga, un des fondateurs de l’orchestre Bakuba, qui fut le premier batteur à inaugurer le genre dans le groupe de Rochereau qui se produisit à l’Olympia.

Cette mode entraîna la création de plusieurs orchestres comme les Bella Bella des frères Soki.

Parmi les orchestres qui embrassèrent cette mode, un orchestre allait faire vraiment peur au groupe de Rochereau, pendant que ce dernier était en tournée en Afrique de l’ouest. L’orchestre les grands Maquisards emmené par Dalienst (judicieux mélange des lettres de Ntesa Daniel) dont la majorité des musiciens ont fait ou feront partie du groupe de Rochereau.

Se voyant menacé, Rochereau allait riposter de manière assez stupéfiante en lançant depuis Dakar, avec 3 disques 45 tours, la fameuse danse Soum Djoum. Ces 45 tours contenaient les titres qui allaient devenir cultes comme ‘Seli Ja’, ‘Silikani’, ‘Mundi’ et ‘Samba’.

Le Soum Djoum, comme tous les rythmes lancés par Rochereau, sera à l’origine de la naissance des orchestres comme Continental qui lui donnera ses lettres de noblesse.

Tandis que les apports de Kallé dans la musique congolaise étaient très influencés par les rythmes afro cubains (African Jazz puis African Team), Rochereau était lui très inspiré par la pop musique et le rhythm and blues des années 1960-1970. Tant et si bien qu’il n’hésitait pas à se produire sur scène avec des pantalons ‘patte d’éléphant’ et coiffure Afro (pochette d’un de ses 33 tours).

Son amour pour la pop s’est manifesté par la chanson ‘Lal’a bi’ qui n’est autre qu’une interprétation, dans une langue du Congo de la célèbre chanson des BeatlesLet it be‘.

Tabu Ley Rochereau, bien qu’étant un très bon et grand chanteur solo, a réussi avec ses chansons quelques duos assez mémorables avec d’autres chanteurs qui l’accompagnaient. On peut citer des chansons comme ‘Permission’ et ‘Rendez-vous chez là bas’ avec Mujos, ‘Souza’ et ‘Maguy’ avec Sam Mangwana, ‘Ki makango mpe libala’ et ‘Gipsy’ avec NDombe Pepe.

Suite aux mesures de zaïrianisation lancées en octobre 1971 par le président Mobutu Sese Seko, Pascal Tabu devient « Tabu Ley ». Mais le musicien préfère prendre de la distance avec le régime et s’exile aux États-Unis puis en Belgique, d’où il prend parti contre la dictature de Mobutu2. Il revient au Congo après la chute du régime. À la tête du mouvement La Force du peuple, il participe alors à la vie politique du pays tout en poursuivant ses activités artistiques. Il est nommé député à l’Assemblée consultative et législative de transition. Il se rapproche alors du Rassemblement congolais pour la démocratie. En 2005, il devient vice-gouverneur de la ville de Kinshasa.

En 46 ans de carrière, Tabu Ley a composé plus de 3 000 chansons et vendu plusieurs milliers de disques. Quatre de ses fils, Pegguy Tabu, Abel Tabu, Philémon et Youssoupha, ont percé dans le milieu de la musique en tant que chanteur, compositeur. Le chanteur prévoit un autre album avec son fils Aymeric Niamenay-Madembo.

Style

La particularité des chansons de Tabu Rochereau résidait dans le fait qu’elles étaient accompagnées par des arrangements musicaux très léchés. C’est ainsi que souvent, dès leur sortie, on s’empressait de les écouter langoureusement pour apprécier autant la musique que le message qu’elles transmettaient, avant de les adopter et danser sous leur rythme. Cette particularité, on la retrouvera également dans les chansons de Lutumba de l’OK Jazz.

Pascal Tabu Ley, dit «Seigneur Tabuley Rochereau», est décédé samedi 30 novembre à Bruxelles, en Belgique. Le célèbre chanteur congolais était dans le coma depuis plusieurs jours. Selon son fils Charles Tabu, joint par Radio Okapi, Tabu Ley est mort de suite de diabète après avoir été terrassé par un accident cardiovasculaire (AVC) il y a plus de deux ans.

Né à Bandundu-ville, Pascal Tabu Ley commence par chanter à l’église puis dans plusieurs chorales scolaires.

Il rejoint ensuite le ministère de l’Education nationale comme fonctionnaire puis responsable administratif et financier à l’Athénée de la Gombe.

Pascal Tabu Ley entame une carrière musicale en commençant à composer dans les années 1950. En 1956, il chante avec Grand Kalle, un chanteur et chef de groupe, considéré comme le père de la musique congolaise moderne. C’est alors le début d’un succès fulgurant pour celui qui prend le nom de scène de Seigneur Tabuley Rochereau.

Comme son mentor, Rochereau va apporter avec son orchestre l’African fiesta National pas mal d’innovations dans la rumba congolaise. On lui attribue notamment l’adoption de la batterie. Une mode qui entraînera la création de plusieurs orchestres comme les Bella Bella des frères Soki.

 

Très inspiré par la pop musique et le rhythm and blues des années 1960-1970, Rochereau n’hésite pas à se produire sur scène avec des pantalons«patte d’éléphant» et coiffure Afro. Il est le premier chanteur africain à se produire à l’Olympia.

Bien que très bon et grand chanteur solo, le Seigneur Tabuley a réussi quelques duos assez mémorables avec d’autres chanteurs qui l’accompagnaient avec des chansons comme «Permission» et «Rendez-vous chez là bas» avec Mujos, « Souza» et «Maguy» avec Sam Mangwana, «Ki makango mpe libala» et «Gipsy» avec NDombe Pepe.

Suite au recours de l’authenticité, lancé par le président Mobutu Sese Seko, Pascal Tabu devient «Tabu Ley».

Il s’est ensuite exilé aux États-Unis puis en Belgique, d’où il prend parti contre la dictature de Mobutu.

Après la chute du régime, il revient au Congo et se lance dans la vie politique tout en poursuivant ses activités artistiques. Il a été nommé député à l’Assemblée consultative et législative de transition et a exercé en 2005, les fonctions de vice-gouverneur de la ville de Kinshasa.

En 2012, lors de ses 72 ans d’âge, Tabou Ley a été décoré à Kinshasa, par le Chancelier des ordres nationaux, de deux médailles d’or dont une de mérite civique et l’autre des arts, sciences et lettres, en signe de récompense pour ses nombreuses œuvres artistiques qui ont valorisé la culture congolaise à travers le monde.

En 46 ans de carrière, Tabu Ley a composé plus de 3 000 chansons et vendu plusieurs milliers de disques. Quatre de ses fils, Pegguy Tabu, Abel Tabu, Philémon et Youssoupha, ont percé dans le milieu de la musique en tant que chanteur, compositeur.

Il a notamment chanté «Mokolo na kokufa» (Le jour où je mourrai), que nous vous proposons.

Elle débute sa carrière à 17 ans, et quelques années plus tard devient célèbre en se joignant au groupe Afrisa International. Dans les années 1980, elle épouse Tabu Ley Rochereau, pour qui elle chantera pendant quelques années. Ils ont une fille ensemble. En 1987, alors que les relations avec son époux se dégradent, elle sort un album solo Avec Rigo star.

Née en 1959 et a grandi en République démocratique du Congo, M’bilia Bel est ensuite devenue une valeur sure de la musique congolaise au début des années 1980, quand elle a rejoint l’Afrisa International de Tabu Ley Rochereau, et fait ses propres albums solo. La naissance de son premier enfant l’a incitée à prendre une pause de la scène. Cependant, après un dernier album avec Tabu Ley en 1987, elle s’installe à Paris où elle a commencé une carrière en solo accompagnée du guitariste de renommé Rigo Star. Entre 1989 et 1990, elle part en tournée aux États-Unis, le Royaume-Uni et l’Afrique occidentale. Avec une combinaison de beauté, une voix de soprano angélique, et une formidable agilité sur scène, M’bilia Bel a volé les cœurs des amateurs de la musique partout dans le continent africain. Elle était la première femme transcontinentale Diva de l’Afrique. Elle devient la première musicienne de l’Afrique qui pouvait prétendre à une grande popularité partout dans l’ensemble du continent et au-delà. En fait, on pourrait soutenir qu’il n’y a pas eu de musicienne de l’Afrique qui a capturé l’imagination des amateurs de musique à travers le continent, autant que M’bilia Bel l’a fait dans les années quatre-vingt. Même la Sud-africaine Miriam Makeba, connue comme Mama Afrika, et la popularité a atteint le sommet dans les années 1960, n’a pas pu attirer autant des fans comme M’bilia Bel a fait eanss les annees 80.

Elle a commencé sa carrière à l’âge de dix-sept ans en étant danseuse et en interpretant les tubes à succès d’Abeti Masikini et plus tard quelques duos avec Sam Mangwana. Elle a fait sa grande irruption dans la scène de la musique quand elle a finalement rejoint Tabu Ley et son Afrisa International en 1981. Le duo de Tabu Ley et M’bilia Bel fut un succès instantané. La combinaison du génie de composition de Tabu Ley et la voix céleste de Mbilia Bel a donné lieu à un succès sans précedent et à des ventes records de tous les albums du groupe Afrisa International.

Sa première chanson avec Afrisa, publié au début de 1982 était «Mpeve Ya Longo », ce qui signifie Esprit Saint en kikongo.

C’était une chanson émouvante sur la violence conjugale. Dans la chanson, M’bilia a chanté le rôle d’une femme abandonnée par son mari et qui doit élever seule ses enfants. La chanson était très populaire, surtout parmi les femmes au Zaïre.

Avec Eswi Yo Wapi, sortie en 1983, c’est l’effervecense totale. La chanson a remporté le prix de la meilleure chanson de l’année 1983 au Zaïre, et M’bilia Bel a remporté le prix du meilleur nouvel artiste. Elle a continué à figurer sur plusieurs autres chansons cette année, y compris « Lisanga ya Bambanda » de Tabu Ley, «Faux pas» et « Quelle Méchanceté » de Dino Vangu. .

Concerts Afrisa avait maintenant un énorme tirage. M’bilia Bel a toujours été l’attraction principale, et quand elle a fait une apparition, la foule se rendait souvent dans une frénésie. Elle était une artiste de scène talentueux et des foules souvent tourmentés avec sa capacité de danse exceptionnelle quand elle se joindrait les Rocherreautes (danseurs) dans leur routine de danse.

Vers le milieu des années quatre-vingt, Mbilia Bel avait officiellement marié Tabu Ley et était un artiste raffiné et mature. Ses chansons ont continué à dominer la scène. Parmi eux se trouvait «Mobali na ngai wana», qui signifie à peu près «ce mari of Mine ». La chanson a été composée par Tabu Ley et Roger Izeidi et est une adaptation d’une chanson traditionnelle en kikongo. Dans la chanson, M’bilia Bel éloge de son mari comme étant beau et réussi et insiste sur le fait que, même s’il a la possibilité de choisir l’une des belles femmes de Kinshasa, il l’a choisi. D’autres chansons qui flambait les charts pendant cette période comprennent « Balle à terre » et « Bameli soja ».

En 1987, Tabu Ley a recruté un autre artiste féminine pour accompagner M’bilia Bel. Kishila Ngoyi était là de son vrai nom, mais elle était connue sous son nom de scène, Faya Tess. C’est avec cette nouvelle gamme qui Afrisa entrepris une tournée en Afrique de l’Est qui a eu au Kenya, en Tanzanie et au Rwanda, culminant dans l’album Nadina, qui avait versions lingala et en swahili de la chanson-titre. La visite a été bien accueillie par la foule. M’bilia Bel a pris la scène, éclipsant d’autres artistes Afrisa y compris Ndombe Opetum qui étaient revenus de TP OK Jazz. À leur retour à Kinshasa, des rumeurs ont commencé surfaçage sur un désaccord entre Tabu Ley et M’bilia Bel. Apparemment Mbilia Bel n’a pas été trop heureux de l’émergence de Faya Tess, qui semblait prêt à voler son tonnerre. Tous deux nié publiquement avoir de problèmes.

M’bilia Bel a quitté le groupe à la fin de 1987 à se lancer dans une carrière solo. Elle a rejoint brièvement avec un producteur gabonais à Libreville avant de partir pour Paris où elle a rejoint avec le guitariste Rigo Starr Bamundele. Son premier album avec Rigo Starr était intitulé «Phénomène» et fut un énorme succès à Kinshasa comme à l’étranger. Les versions ultérieures telles que Yalowa, Desolé et exploration ont rencontré un succès limité.

Après le départ de M’bilia Bel, la popularité de Afrisa international en tant que groupe a chuté considérablement. Tabu Ley lui-même a semblé perdre l’inspiration pour composer comme en témoigne la réduction substantielle du nombre d’albums sortis. À l’exception de son premier album, Phénomène, la carrière de Mbilia Bel a également pris dans une spirale vers le bas quand elle a quitté Afrisa.

Son travail plus récent a impliqué prenant son style habituel (rumba traditionnelle et soukous) et le mélange dans le rap et d’autres éléments modernes.

( 3 mars, 2014 )

Willy NFor

auteur-compositeur, chanteur et bassiste camerounais, est mort, mercredi 11 février, à Paris des suites d’un cancer. Il était âgé de quarante-deux ans. Dans la famille des musiciens africains atypiques, Willy Nfor avait trouvé aisément sa place, avec l’album qu’il sortit en 1994, Maisha (Night & Day), composant une musique en équilibre entre tradition et modernité, à la croisée de tous les chemins d’Afrique et d’Occident. Avant de s’installer en 1983 à Paris, où il devint l’un des bassistes les plus en vue de la scène africaine, il avait séjourné au Nigeria, accompagnant pendant deux ans Sonny Okosuns, puis participant à la création du groupe Ghetto Blaster avec qui il prit la direction de Paris. «Il faut venir à Paris pour tout écouter, disait-il. En Afrique, chacun se contente de la musique qui se joue près de lui, ça ne fait pas beaucoup avancer les choses.» Willy Nfor avait accompagné à la basse Mory Kanté (notamment en 1987 sur Akwaba Beach, l’album contenant Yéké Yéké), Lapiro de Mbanga, Kanté Manfila, Aïcha Koné, Mbilia Bel, Manu Dibango et… CharlElie Couture’.

Willy Nfor débute sa carrière en jouant de la guitare basse, alors qu’il est encore jeune lycéen au Cameroun. Il joue alors dans les night-clubs non loin de la frontière du Nigeria. Assoiffé d’aventures, il débarque dès 1975 à Onitsha puis à Port Harcourt où il fonde les Mighty Flames avec lesquels il joue jusqu’en 1981. Il décide de renouveler l’expérience et atterrit à Lagos où il rencontre Sonny Okosuns, directeur d’EMI à l’époque. Pendant deux ans, il navigue entre les studios et la scène. Il découvre alors les joies de jouer pour un public qui voue un véritable culte aux artistes. Il s’éprend du high life et de la juju music dont Fela Kuti est le maître incontesté. Et part ensuite pour New York où il joue cette musique que le monde découvre.
En 1983, Willy vient en France. C’est la naissance de Ghetto Blaster, avec qui il tourne pendant cinq ans. Il accompagne Mory Kanté, Lapiro de Mbanga, Kanté Manfila, Aïcha Koné, Manu Dibango, Charlélie Couture… Fort de son expérience musicale, il décide d’enregistrer son premier album solo, Maïsha, en 1994. L’artiste chante l’Afrique : Ghetto Land, Wakka Wakka, Children of Africa, Poor Man, High Life time. Le public découvre l’Artiste. Sa musique s’impose.
Quatre ans plus tard, le 11 février 1998, c’est la consternation. Willy Nfor disparaît à la suite d’un cancer, alors qu’il préparait un nouvel album. Un mois plus tard, sa famille de musiciens donne un concert au New Morning en sa mémoire. Il sera enterré dans son village de Ndu au Cameroun.
Avec Fly away, c’est l’image de l’artiste qui plane sur nos têtes. Cet opus qu’il nous laisse en héritage est une pure merveille. 14 titres à travers lesquels on découvre un artiste humaniste. Le fils spirituel de Fela, à qui il rend hommage, rejoint son père. Paix à son âme. »

( 3 mars, 2014 )

John Duchant

John Duchant est un jeune homme de Meyomessala par sangmelima ,un chantre de l’EPC (église presbytérienne camerounaise ) qui a toujours chanté des louanges à Dieu .En 2012 il est une découverte pour tous ces mélomanes des chansons mondaines.Ils découvrent tous aujourd’hui qu’on peut glorifier son Dieu même en dansant en boite de nuit .John Duchant est un chanteur à thème qui chante les travers de la société qui sont toujours d’actualités comme : la jalousie ,l’honnêté ,l’amour,la médisance etc..L’année 2012 marque sa révélation musicale dans  » Nlem  » une chanson que tout le Cameroun fredonne encore jusqu’à ce jour .En ce début d’année 2013 il récidive avec  » Te tik ,ne juge point  » qui est tout un programme ,tellement la société actuelle nous juge en tout point même quand vous vous investissez pour donner de votre temps dans une activité qui profite à tous .A ceux-là je leur dit encore  » Ne jugez point  » John Duchant la révélation du gospel qui évolue et qui ramène les brebis égarées au temple cette fois là pour une bonne cause .

( 3 mars, 2014 )

NDONGO MERRY

Jean-Paul NDONGO MERRY est aujourd’hui l’un des plus grands guitariste et ingénieur du son installé dans la région parisienne. Il commence sa carrière de guitariste très jeune au Cameroun dans les groupes scolaires et plutard avec le groupe mythique de la ville de Douala, les « Black Men City ». Puis, il part au Nigeria dans les années 80 où il est engagé comme guitariste « lead » du célébrissime Prince NICO MBARGA. Après des années de tournées à travers le monde, il rentre au Cameroun plus précisément à Douala où il écume les grands cabarets de la ville à savoir : « la Jungle », « le Vieux Nègre », « le Grand Café », « le Scott » etc …

Pendant ces années passée au pays, il commence à se sentir à l’étroit et constate que sa progression dans l’art musical a ralenti. C’est ainsi que Jean-Paul NDONGO MERRY choisi de s’installer à Paris. Très vite, il forme un trio avec Richard Bona à la Basse et Claude-Aimé Motongane aux claviers et anime dans le quartier du Montparnasse le restaurant « Le KIKANA ». Ce trio va changer les sorties nocturnes de la diaspora Black de Paris : le restaurant parisien Le KIKANA offre désormais de manger, d’écouter de la musique et de danser. C’est la révolution dans le secteur, cette formule reste aujourd’hui la plus lucrative des offres des restaurants Africains. Au début des années 90, Jean-Paul NDONGO MERRY  reçoit la formation d’ingénieur du Son. Il commence a s’équiper petit à petit de matériel d’enregistrement de musique. Et logiquement, en 1995, il créé son studio d’enregistrement et abandonne son groupe.

Dix années plus tard, À la fin de l’année 2005, Jean-Paul Ndongo Merry  réalise son premier album solo et choisi comme site pilote pour le tester, le Cameroun. Et Boum !!!, c’est le succès, son album « DZU TE MA (Pardonne Moi) » est encore Numéro 1 de sa cathégorie aujourd’hui au Cameroun. Sa sortie en France est un événement majeur dans le secteur de la WORD MUSIC.

( 3 mars, 2014 )

Jack Djeyim

Le guitariste camerounais «gaucher» remet au goût du jour, l’expérience des instruments traditionnels africains. Retour sur un parcours riche et pluriel

Initié aux rythmes traditionnels par son père, Jack Djeyim prend son inspiration dans les montagnes de l’Ouest du Cameroun et à New- Bell, quartier de Douala, où il a grandi. En 1977, il débute sa carrière professionnelle à Bafoussam, au Club de la Payotte, avec le groupe Sapho Brothers. Très rapidement, le groupe se tourne vers le Nigeria pour poursuivre son ascension. À force de travail, Jack tire toute la quintessence de sa guitare. Il se nourrit pendant cette période de l’influence musicale anglophone du Nigeria. Elton John, Cat Stevens et Bob Marley commodores, kool and the gang sont ses repères, tandis que l’Anglais apparaît peu à peu dans son répertoire… Cette détermination professionnelle permettra à Jack de vivre des rencontres musicales enrichissantes avec des artistes comme Geraldo Pino, Sony Okusun, Fela Ransome Kuti, Tony okoroji. En 1984, Jack Djeyim quitte l’Afrique à destination de la France, afin de commencer une carrière solo. Premières expériences d’auteur compositeur : en 1987, l’album « Chérie Coco », dans lequel on retrouve le morceau « Shuname » (Alleluia) résume son aventure africaine, sort en Afrique. C’est l’époque d’une intense remise en cause face à une profession exigeante, qui le conduit à reprendre les études musicales.

 

En 1989, remarqué par Slim Pezin, il sort son deuxième disque Le Marabout, album de la mutation, comme il aime à le désigner, qui lui donne la mesure du chemin parcouru. Insatiable, Jack Djeyim enchaîne également des tournées avec des artistes comme Sam Fantomas, Tshala Muana, Sony Bamba, Bod Guibert, Moni Bile, Abéti Massikini… En France comme en Europe, Jack Djeyim devient peu à peu une valeur montante de la World Music. Il fait de nombreuses scènes. Reconnu comme l’un des grands guitaristes de sa génération, il a participé à des albums de Manu Dibango. L’année 1995, avec la sortie de son nouvel album, marquera une étape importante dans la carrière de Jack Djeyim. Dance around the Fire est sans nul doute l’album de a maturité. C’est l’album d’un artiste en pleine communion, avec sa guitare, doté de la force nécessaire pour porter au public des textes profonds : ballade dans l’enfance, fête au village, portrait d’une Afrique qui affiche l’espoir, la tradition la fierté, mais aussi l’humanité. Avec Sam Tshabalala, il compose une ode à l’Afrique du Sud Post-Apartheid, revisite les patrimoines du Ndé dont le rythme « Danzi », ou encore démontre aussi que par els chant et des compositions inspirées, il est un artiste complet. On retrouve là les valeurs que défend l’artiste. Loin des effets de rampe, solitaire et exigeant, pour une carrière construite sans compromis ; il est avant tout un artiste authentique. Dance around the Fire, c’est aussi un rendez-vous musical, puisqu’une trentaine de musiciens se sont regroupés pour apporter une couleur subtile et chaude à ce dernier album.

Guitariste et chanteur, Jack Djeyim brise désormais les frontières de la musique avec un style afro-jazz-fusion, combinaison audacieuse de mélodies classiques avec la prouesse ternaire des polyrythmiques de l’Afrique centrale. Djeyim nous suggère la proximité des sentiments mus par le même désir de paix et de bonheur que les humains partagent d’un bout à l’autre de la planète. Son phrasé original, accentué de notes bluesy, est apprécié par les grands de la world music : Manu Dibango, Papa Wemba, Cheik Tidiane, Ekambi Brillant ou encore Bernard Lavilliers ont toujours fait appel au « Gaucher ». En décembre 2008, sort Show Me the Way , un projet autour de la guitare. Album presque entièrement instrumental avec quelques chansons orchestrées, Djeyim met en avant sa guitare électrique, inspirée, généreuse. Jack Djeyim offre là aux mélomanes deux univers au contenu émotionnel variable faisant appel parfois au divin nous plongeant dans une étonnante odyssée, rendant hommage à d’illustres artistes tels que Eboa Lotin. Et depuis lors, il n’a pas cessé de tourner, réaliser des clips et préparer le concept Sanza Trio Family avec ses compères.

( 3 mars, 2014 )

X-Maleya

Les X-Maleya, lauréats du prix du meilleur album maxi single hip hop fusion au « Mboa Hip Hop Awards 2011 ». C’est le dernier laurier en date de ce trio qui n’en finit pas de glaner des « groupies », autant chez les jeunes qu’auprès des adultes. X-Maleya, c’est trois hommes et trois albums. Après le premier opus « Exil », sorti en 1998, le groupe perce véritablement en 2009, avec « Maleya » et son tube « Yelele ». Le morceau fait un tabac. Dans la même lancée, « Tchokolo » remet sur les devants de la scène, Roger, Auguste et Haïs. Ils reviennent cette année avec l’album « Tous ensemble ». Ce dernier produit marque une transition dans les sonorités du groupe.

S’il est exact qu’en véritable touche-à-tout, il s’est associé au rappeur Pit Baccardi sur l’album « Maleya » pour un remix de son titre-phare, le groupe est allé cette fois-ci un peu plus dans l’exploration d’autres styles. Le hip hop tient alors une bonne place dans « Tous ensemble ». Le titre de l’album est d’ailleurs interprété en featuring avec le rappeur franco-congolais Passi. Stone, un autre rappeur camerounais leur prête voix forte. Pit Baccardi refait une apparition sur « Son me », ballade dans laquelle les chanteurs en appellent à la protection du Seigneur face aux jaloux qui veulent les voir tomber. Sans doute des envieux de leur succès. Une réussite que les X-Maleya ont eux-mêmes beaucoup de mal à expliquer. Ils s’en remettent à Dieu, à leur travail et au soutien inconditionnel de leur public.

Elle est loin l’époque de « La Case », ce petit local situé au quartier Bastos à Yaoundé, où trois garçons répétaient leurs partitions sans se douter de leur notoriété future. A présent, X-Maleya est de tous les événements et de tous les spectacles, aussi bien nationaux qu’au-delà des frontières du terroir. Ce fut le cas lors du Festival panafricain d’Alger (Algérie) (Panaf 2009) où ils ont fait partie de la délégation camerounaise, comme les Macase, Donny Elwood et d’autres artistes camerounais à la renommée internationale. C’est dire que leur aura ne cesse de s’étendre. Jusqu’où ira la « Maleya mania » ? Le plus haut possible, espèrent les insatiables fans de ce trio dans le vent.

( 3 mars, 2014 )

Valsero

Valsero a choisi son camp : celui de ceux qui dénoncent. Dans son pays, le Cameroun, où on a pris l’habitude de subir en silence par crainte de représailles ou de se taire contre de l’argent, le rappeur à la voix rocailleuse et au regard acéré fait figure de météorite. Il est par conséquent redouté : ses morceaux ne sont pas diffusés par la radiotélévision publique et ses concerts sont régulièrement interdits par les autorités ou interrompus par la police.

Valsero, lui, « a l’impression d’être vivant, réel » lorsqu’il s’exprime. Le népotisme du régime, la corruption, le détournement des fonds publics par les dirigeants, le pouvoir et les ressources confisqués par une poignée de sexagénaires et septuagénaires, le désarroi des jeunes confrontés au chômage : il décrit les maux du Cameroun à la perfection. « Ce pays tue les jeunes, les vieux ne lâchent pas prise (…) / Cinquante ans de pouvoir et après ça, ils ne lâchent pas prise / La jeunesse crève à petit feu / Tandis que les vieux derrière la forteresse se saoulent à l’eau de feu / Ce pays est comme une bombe et pour les jeunes un tombeau », scande-t-il dans son premier album, Politikement instable, sorti en 2008.

Valsero, de son vrai nom Serval Gaston Abe, « frappe fort » parce qu’il sait de quoi il parle : comme la grande majorité des jeunes Camerounais, soit plus de la moitié de la population, il s’est retrouvé au chômage et sans aucune perspective, une fois ses études à l’Ecole des postes et télécommunications terminées, en 2002. Révolté, il commence à écrire. « Au début des années 1990, j’écoutais du rap pour le plaisir. Et puis, plus tard, j’ai été confronté à la vraie vie, aux vrais problèmes, à la douleur du chômage. J’ai commencé à comprendre ce que disaient les rappeurs. J’ai eu envie de dire moi aussi », explique-t-il.

Dans Lettre au président, son morceau le plus connu, le chanteur admiré pour son courage s’adresse directement au chef de l’Etat Paul Biya. « Prési, tes potes vivent au bled comme s’ils sont de passage / Ils amassent des fortunes, spécialistes des braquages / Ils font preuve d’arrogance, ils frustrent le peuple / Ils piétinent les règles et ils font ce qu’ils veulent / Ah prési, arrête ça, c’est ça ton travail / Ou inch’allah, je jure : un autre fera le travail », chante-t-il.

Sa rage, ses contemporains la partagent. En août 2009, à Yaoundé, une vingtaine de jeunes ont été arrêtés par la police pour avoir déchiré pendant un de ses concerts une affiche géante de Paul Biya, collée sur un mur pour une précédente manifestation. Fin 2009, Valsero insiste avec un single Répond ! visant de nouveau le président, que peu osent critiquer publiquement. « Prési (…), je t’ai envoyé une lettre présentant les doléances de la jeunesse camerounaise mais le temps passe, le père, et toujours pas de réponse (…) / On veut juste vivre et se sentir mieux, ne nous ignore pas (…) / Ne transforme pas en loups et lions des agneaux et des moutons / Elle peut faire mal, une jeunesse qui opte pour la rébellion / Répond (…) / Mais quelle est donc ta politique ?  »

Autopsie, son prochain album, autoproduit, sortira en juillet. Dans sa ligne de mire, l’élection présidentielle de 2011 à laquelle Paul Biya pourrait bien être encore candidat : il a fait supprimer en 2008 la limitation du nombre de mandats présidentiels, en dépit d’un large mouvement de contestation. Valsero veut, avec ses nouveaux textes, faire comprendre aux jeunes qu’il faut s’intéresser à la politique et voter. « Aujourd’hui, ils sont démobilisés. Ils préfèrent boire une bière plutôt que d’aller s’inscrire sur les listes électorales. Mais il faut leur faire comprendre que si le Cameroun est dans la merde, c’est à eux de le sortir de là. Dire ‘ce n’est pas de notre faute’ ne règle pas le problème », soutient-il. « Le vote n’a peut-être pas montré son efficacité au Cameroun, mais ça ne veut pas dire qu’il a perdu son efficacité. Il faut aller voter en masse, s’intéresser aux résultats et réagir. Seule une participation massive peut légitimer une action de contestation »

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